• L'été où ma vie a basculée (chapitre 9)


     CHAPITRE 9
     
    Juillet 2013, 2e semaine de vacances, lundi

                    Il est huit heures pile lorsque je me réveille.  Je décide de prendre mon petit-déjeuner tout de suite. Je me prépare mon café, mon jus d'orange, mes céréales et mon yaourt. Après ce repas, je vais à la douche puis au lavabo pour me brosser les dents et me mettre ma crème sur le visage. Lorsque je retourne à la toile, je croise Mélinda, pas encore très réveillée. C'est une vraie marmotte. D'ailleurs, je suis étonnée de la voir déjà debout alors qu'il est tout juste 9h10. Elle m'emboite le pas jusqu'à ma chambre dans la toile de tente, puis me demande si mes parents m'ont parlé. Je lui réponds que pas encore. Au même moment, ils apparaissent dans la porte de la toile de tente. Ils font une tête bizarre et demandent à Mélinda de partir. Elle s'apprête à le faire, mais je la retiens par el bras. J'ai le pressentiment qu'il vaut mieux qu'elle entende, elle aussi, ce qu'ils ont à m'annoncer avant leur départ.
     
    Aujourd'hui encore je remercie mon intuition car si elle n'avait pas entendu comme moi, jamais j'aurais été capable d'en parler, et rien de ce qui est arrivé ensuite ne se serait passé de cette façon  ...  
     
    - Comme tu veux, me répond mon père.
    - Ce que tu vas apprendre va bouleverser ta vie ma chérie, commence maman, la mienne et celle de ton père aussi, d'ailleurs ça a déjà commencé depuis que nous le savons ...
    - Ne m'appelle pas comme ça, on dirait que j'ai 8 ans, réplique-je froidement.
    - Et, continu mon père, tu vas sans doute avoir du mal à t'y habituer, ...
    - Arrivez-en aux faits, par pitié !, m'écriais-je agacée par leur mise en scène pourrie.
    - Nous avons appris que tu as une s½ur, une s½ur jumelle, déclare calmement ma mère.
    - Tout ce qui est à savoir se trouve dans ce courrier, poursuit mon papa en me tendant une enveloppe marron au format A4 relativement épaisse.
    Je n'arrive plus à parler. Je jette un coup d'½il à Mélinda, elle est tout autant choquée que moi. Elle le sait, contrairement à mes parents, que c'est mon rêve le plus cher et le plus irréalisable de mon point de vue qui se concrétise. Puis mes parents me disent que c'est l'heure qu'ils partent. Je les raccompagne jusqu'à l'entrée du camping où ils ont garée leur voiture. Je suis encore dans un état second, je ne réalise pas, j'arrive toujours pas à parler et en plus ils s'en vont, sans rien me dire de plus ... Ils me laissent les dernières consignes puis partent en me disant de lire au plus vite le contenu de l'enveloppe. Je le leur promet puis je fonds en larmes. Ma mère ressort de la voiture, me sert dans ses bras puis mon père le fait à son tour. Ils remontent dans la voiture puis prennent la direction pour rentrer à la maison. Moi, je me sens comme vide, comme si plus rien de ce que j'avais connu avant n'existe. En rentrant à la tente, je découvre Mélinda qui m'y attend, un sourire réconfortant illumine son visage que je vois de profil. Elle ne me regarde pas lorsque je rentre.
    - Je sais que tu veux aller à la plage, dit-elle, mais il faut que d'abord que tu lises ces documents.
    - Je sais, est la seule parole que j'arrive à articuler entre deux sanglots.
    - Oh mon dieu Camille, tu pleures, s'exclame-t-elle, confuse de ne pas l'avoir remarqué plus tôt.
    - Je ne sais même pas pourquoi, puisque je suis heureuse que ce rêve impensable se réalise, dis-je en essayant d'arrêter de pleurer.
    - Et c'est normal, ça va bouleverser ta vie, c'est quelque chose que tu avais comme rayé de la liste des possibles, bien que tu y croyais encore, et en plus c'est comme quand toute chose, y compris les rêves, se réalise alors qu'on attendait depuis longtemps, notre équilibre se brise par cette nouvelle réalité. Ne t'inquiète pas, je suis là et crois-moi tout se passera bien.
    - T'es une amie formidable Mélinda, je n'imagine même pas dans quel état j'aurais été si tu n'avais pas été présente.
    Nous nous installons par terre dans ma chambre, contre le matelas gonflable. Au vu des différents documents, nous devinons que ce sont tous les nouveaux papiers administratifs ainsi que l'explication de comment une telle chose a pu se produire. Un des documents concerne aussi l'identité de ma jumelle. Je décide d'abord de lire celui concernant l'histoire ...
    Et voilà, le premier bouleversement venait d'avoir lieu, ma vie avait commencée à basculer ...
    Concernant l'histoire, c'est une complexe affaire de vol, séquestration, tromperie, magouilles administratives, ... Je n'y accorde par énormément d'importance. Les nouveaux papiers administratifs, je m'en fiche un peu. Je décide, la main tremblotante, d'ouvrir le dossier sur l'identité de ma jumelle. Avant, histoire de me détendre, j'en ris avec Mélinda. Ça me permet d'évacuer la tension.
    - Imagine, on ne s'entend pas ?
    - Mais non, ne t'inquiète pas, me dit Mélinda d'une voix rassurante.
    - Imagine, on se ressemble comme deux gouttes d'eau, ça va être horrible de se voir en regardant l'autre ... remarque-je un peu paniquée par cette idée.
    - Pff, fait Mélinda en explosant de rire. Attend, mais deux Camille c'est génial, s'exclame-t-elle.
    - Ou alors niveau physique, le fait d'avoir été séparées fait que nous nous ne ressemblons pas.
    - Ça en revanche, c'est possible. De même qu'au niveau du caractère.
    - Imagine, je la connais et on se déteste déjà ?, dis-je avec un regard horrifiée.
    - Tu rêves là, enfin tu cauchemardes ...
    - Ou alors on se connaît et on s'adore déjà !
    - Ça n'arrive que dans les films, me réplique Mélinda, c'est impossible.
    - Mission impossible n'existe qu'au cinéma, lui répond-je en riant.
    - Ouvre, au lieu de dire des bêtises, m'ordonne-t-elle en reprenant son sérieux. Parce qu'après la découverte, il va falloir s'habituer à cette nouvelle vie.
    - T'as raison, réplique-je en ouvrant le dossier.
    La première page c'est une description et la seconde une photo. Je commence par la description.
    Si à ce moment là j'avais regardé la photo j'aurais fais un infarctus !
    Tout au long du texte, je ne remarque rien de spécial. Je lis attentivement, et je relis même plusieurs fois certaines phrases. Pour m'imprégner de cette nouvelle histoire. Je finis par lire la dernière ligne. Y est écrit le prénom de ma s½ur jumelle. C'est le même qu'une de mes meilleures amies. Cette découverte m'angoisse. Je le dis à Mélinda qui se moque de moi en disant que je regarde trop les films à l'eau de rose. Je lui demande de regarder la photo qui est sur la page suivante, puis une photo sur mon portable. D'accord ça pourrait être cool, mais bon. Ça changerait encore plus de choses. L'adaptation va être dure, même si d'après la description nous devrions bien nous entendre. Ah et puis j'y pense, une s½ur jumelle, d'accord, mais nos parents, c'est lesquels alors ? Les miens ou les siens ? Je me retourne vers Mélinda qui est restée scotchée sur les deux photos.
    - Méli ?
    - Tu as raison, ... mission impossible n'existe qu'au cinéma.
    - Tu, tu, tu veux dire que ... que c'est elle ?, lui demande-je avec difficulté, la gorge serrée.
    - A moins qu'elle ait un sosie, oui, dit-elle en me montrant la photo du dossier.
    Je reste scotchée à mon tour. C'est bel et bien elle sur la photo du dossier. Une de mes meilleures amies ! Pas Mélinda, vous l'aurez compris, vu qu'elle est présente auprès de moi. Mais, est-ce Sophie, Débora, Maëlle, Morgane, Louise ou encore Marine ? Mystère, vous le saurez plus tard ... après nous être remises de nos émotions, nous allons en ville faire quelques courses. Nous finissons ensuite la matinée à la plage. Devinez qui vient vers nous ? Florent, bien sûr. Il laisse ses potes au loin pour venir nous voir. Ça me fait très plaisir. Ah et j'oubliais, vous connaissez son caractère mais physiquement je ne vous ai pas raconté comment il est. Beau, ça c'est sur, mais vous devez vous en doutez puisque je le trouve à mon goût. Oui je l'avoue il me plaît. Mais pas question de l'avouer à qui que ce soit ! Et puis ce n'est pas très utile pour se faire une image. Alors, il est grand, brun. Il a la peau mate et les yeux bleus. Ses yeux sont si profonds qu'on a l'impression de se perdre dans un lagon lorsqu'on le regarde. Comment je le sais ? Parce qu'à l'instant, je viens de m'y perdre ! Je continue de discuter avec lui tandis que Mélinda a le regard resté ailleurs. Discrètement, je tente de voir ce qui retient son attention. C'est un garçon ! J'aurais dû m'en douter. Mais petit à petit, l'histoire du début de matinée me revient en tête. Florent s'inquiète pour moi en remarquant mon changement d'attitude. Je lui dis de ne pas s'inquiéter pour moi. Puis nous rentrons tous les trois au camping. À midi, avec Mélinda, on décide de se faire un bowling le soir. Après le cours de danse bretonne, qui fini à 22h, bien sûr. Eh oui, j'ai oublié de mentionner que depuis cette année, l'ancienne supérette qui avait fermée depuis deux ans et qui se trouve à deux minutes à pieds du camping, a été réhabilité en bowling à la place du magasin et boite de nuit au sous-sol à la place des anciennes réserves. Nous passons donc notre après-midi à la plage. Mélinda a les yeux rivés sur le même mec que ce matin, tandis que moi, allongée sur ma serviette, je pense à ma jumelle tout en bronzant. Après une baignade dans l'eau salée qui est d'une température très agréable, je tente de joindre ma jumelle. Comme je m'y attendais, elle ne répond pas. Et elle ne répond pas plus à mes sms. À la troisième tentative téléphonique, je lui laisse un message vocal pour lui dire que je m'inquiète et qu'il faut qu'elle me rappelle. Pas de nouvelles du reste de l'après-midi. Vers 18 heures, nous allons à la douche. Là je vois Florent qui s'inquiète encore pour moi. Ses potes, eux, se moquent de moi, comme toujours. D'habitude je parviens à ignorer, mais là j'en ai les larmes aux yeux, je ne comprends pas ce que je leur ai fait. Je dis à Florent de ne pas s'en faire, comme le matin. Mais il ne semble pas plus convaincu que quelques heures auparavant. À 20 heures, après avoir avalé un repas et s'être fait belles, bien que je n'en voyais pas l'intérêt, nous nous dirigeons vers le cours de danse bretonne. Puis vers 22h35, nous arrivons au bowling.
    - Franchement Méli, on va au bowling, pas à la boite en dessous, je ne vois pas l'intérêt de s'être bien habillée, dis-je en marchant.
    - Camille, voyons ! Même au bowling tu peux faire de belles rencontres, et qui sait, trouver l'âme-s½ur. Dès que tu sors, il faut faire attention à ta tenue.
    - Si tu le dis ...
    Nous entrons, nous payons nos trois parties et allons chercher nos chaussures. À l'issue de la première partie, nous sommes toutes les deux à égalité, ce qui est très rare. Nous avons chacune 98 points. Nous nous éclatons, comme des gamines. Mais, au début de notre deuxième partie, nous voyons Florent et les trois gugusses qui entrent et prennent la piste à côté de la notre. Florent nous adresse un grand sourire, « t'adresse un grand sourire » me dirais Mélinda. Les autres se moquent encore de moi. Bizarrement ils ne disent rien à Mélinda. Tant mieux pour elle, mais ça ne m'aide pas à comprendre pourquoi ils sont comme ça avec moi. Bien évidemment, je rends un sourire à Florent. Cette petite mise en scène dure tout le long de notre deuxième partie et donc de leur première. Mélinda se moque gentiment de moi, alors que je fais mine de pas comprendre de quoi elle parle. Les trois imbéciles, eux, sont très agacés.
    - Eh Flo, lance l'un d'eux, si on t'emmerde, va jouer avec elles !
    Mais Florent prends les paroles de son ami au premier degré, agacé par le comportement de ces derniers.
    - Ok, dit-il en se dirigeant vers le comptoir des inscriptions pour changer son nom de piste.
    La tête de ses potes, c'est trop drôle à regarder.
    - La tienne aussi, me répond Mélinda une fois que je lui ai fait part de ma remarque, profite-en, me dit-elle avec un regard plein de sous entendus que je n'ose comprendre !
    Pour la troisième partie, nous nous sommes vraiment éclatés. C'est irrévocable, Florent est trop bon, je ne pourrais jamais le battre. À la fin de la partie, délaissant une seconde fois ses potes, Florent nous raccompagne au camping. Pour mon plus grand plaisir, bien évidemment, mais j'ai quand même peur que ses amis le prennent mal. Arrivés à ma tente, je lui fais la bise et lui souhaite une bonne nuit. Mélinda est déjà dans sa tente, je me doute de ses pensées qui motivent son départ en douce vers sa tente sitôt arrivés. Elle n'est pas bien dans sa tête celle-là. Et c'est pire depuis qu'elle s'est mise dans la tête de m'arranger mon histoire avec Florent ! Je suis pressée de rentrer car j'ai reçu un sms et j'ai le pressentiment que c'est ma jumelle. En effet, c'est elle. Ça me rassure. Elle me dit qu'elle a une multitude de problèmes en ce moment et qu'elle négocie avec ses parents pour pouvoir venir me voir. Je suis à la fois rassurée et inquiète, rassurée parce qu'elle aussi est au courant, mais inquiète car visiblement, elle ne sait pas que c'est moi sa jumelle. Pendant que je réponds à son message, j'entends Mélinda et Florent qui discutent, sans doute devant la tente de Mélinda, vu que je les entends. Je me méfie de ce qu'elle est en train de magouiller celle-là. Elle rentre quelques minutes plus tard dans ma tente, toute excitée.
    - Méli, il t'arrive quoi ?
    - Toi, dit-elle en me pointant du doigt, il va falloir que tu m'expliques ta réaction quand Florent t'as pris dans ses bras après son strike tout à l'heure.
    - Bah quoi, sois pas jalouse, toi aussi il t'a pris dans ses bras musclés.
    - Et ta tête à ce moment là, ce petite sourire que tu avais, tu m'expliques ?, demande-t-elle avec son ton inquisiteur qu'elle sait si bien prendre lorsqu'elle veut obtenir une information.
    - Bah, ... repond-je un peu embêtée.
    - Avoue-le une bonne fois pour toutes.
    - Ok, dis-je en baissant la tête et la voix, je l'aime beaucoup.
    - Tu vois ce n'était pas si compliqué à dire, me dit-elle moqueuse, cela dit tu aurais pu le dire à voix haute, il n'est pas dans les parages.
    - Qu'est-ce que tu en sais ? Imagine, au moment où je le dis il passe devant la tente et entend tout !
    - Mais non, ne t'en fais pas.
    Nous continuons de discuter. Il est une heure du matin lorsque Mélinda sort de la tente pour rejoindre la sienne. À peine cinq minutes plus tard, quelqu'un frappe à la tente, du côté de ma chambre. Ça me flanque la frousse, je ne réponds pas. Lorsque j'entends Florent me demander s'il peut rentrer, je suis rassurée.
    - Oui, vas-y.
    - Désolé de te déranger à cette heure là ...
    - Ne t'en fais pas, Mélinda vient juste de partir.
    - Ah ok. Je me demandais, ça te dis qu'on aille se balader tous les deux demain en fin de matinée, dans les sentiers le long de la plage sauvage ?
    - Oui, pourquoi pas, lui répond-je avec un grand sourire.
    - Vers 10h30 ça te vas ?
    - Ça me va, dis-je toujours souriante.
    - Ok, cool. Tu me diras ce qui te tracasse ?
    - Peut-être, ... dis-je mal à l'aise.
    - Je m'inquiète pour toi, tu es trop bizarre depuis ce matin, dit-il d'une voix qui trahit son inquiétude.
    - Je sais. Promis je t'explique demain, ... enfin, ... si j'arrive à en parler, finis-je en retenant mes larmes.
    - Ok. Bonne nuit Camille, à demain.
    - Merci, bonne nuit à toi aussi Florent.
    Il part en souriant. Quelques instants plus tard, Mélinda débarque en trombes dans ma toile.
    - Alors il te voulait quoi ?, m'interroge-t-elle toute excitée.
    - Calme Méli. Il m'a proposé une balade demain en fin de matinée. Rassure-moi, tu n'étais tout de même pas en train d'attendre qu'il sorte pour savoir avant de te coucher ce qu'il me voulait ?
    - Euh, dit-elle en baissant la tête.
    - Méli ! Tu abuses ! C'est gentil de ta part de vouloir m'aider, mais là sérieux, ça vire à l'obsession.
    - Désolé. Tu me raconteras ?
    - Bien sûr.
    Elle repart. Je me couche et m'en dort direct, épuisée.

     
     
    Le petit mot de l'auteure :
     
    Enfin on découvre le grand bouleversement de la vie de Camille !!! 
    Alors ? Vous vous y attendiez ?
    A votre avis c'est qui sa s½ur ?
    Les parents qui partent après l'annonce, vous en pensez quoi ? Pas très cool hein ?
    Le caractère de Mélinda au début quand elle la réconforte ?
    La journée de Camille et Mélinda ? Camille qui s'inquiète pour sa jumelle, Camille qui pleure suite aux remarques des abrutis ?
    Florent toujours inquiet pour Camille, mignon non ?
    Le bowling ? Florent qui va jouer avec les filles ?
    La fin de soirée ? L'invitation de Florent ? Mélinda complètement excitée ?
     
    Dans la suite du chapitre, un moment Florent & Camille et des révélations sur la jumelle de Camille.
     
    Merci de lire la fiction :)

  • Commentaires

    1
    Lundi 31 Mars 2014 à 22:53
    Quel évenement! Super chapitre! A quand la suite? :-D Troooop hâte! Chapitre qui nous gâte en bouleversement! :D
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