• L'été où ma vie a basculée (chapitre 54)

    Octobre 2013 – Décembre 2013, Quelques moments forts de ma nouvelle vie : amour, amis, sœur, joie et douleur ...
     
    Mardi 1er octobre 2013
         Ce matin, cela me fait tout drôle de me réveiller aux côtés de mon chéri. Dire que cela faisait plus d'un mois que cela n'était pas arrivé. Il est 7h10 et visiblement Flo est réveillé depuis un moment puisqu'il me regarde amoureusement et qu'il a l'air plus réveillé que moi.
    -          Bonjour ma belle, bien dormi ?
    -          Génial et toi ? Ça m'avait manqué de me réveiller comme ça avec toi ...
    -          Moi aussi miss Camille ...
    -          Ça fait longtemps que tu es réveillé ?
    -          Oui, dit-il en soupirant, depuis deux jours je ne dors plus. Etre avec toi m'a permis de dormir un peu mais ce n'est pas encore top.
    Je lui souris. Deux jours, c'est quand il a appris pour sa mère ... Nous nous levons. Les visites sont autorisées à partir de 10h, m'informe Florent. Et je devine aisément qu'il veut être à l'hôpital dès 10h afin d'en profiter au maximum. Arrivés devant l'imposant bâtiment sur lequel est gravé dans une grosse pierre « Hôpital », je stresse. Florent me serre contre lui. Il me prévient que lorsqu'on la voit, on ne devine rien de son état et que ça peut déstabiliser de voir une personne en apparence si valide allongée dans un lit d'hôpital. Devant la porte de la chambre, je souhaite le laisser seul avec elle au départ, mais il refuse. Sa mère sourit en nous voyant entrer après que Flo ait frappé doucement à la porte.
    -          Bonjour les tourtereaux, dit-elle en souriant.
    -          Bonjour maman.
    -          Bonjour madame, dis-je timidement.
    -          Oh je t'en prie, moi c'est Sylvia, enchantée de faire ta connaissance.
    -          Moi de même mada ... Sylvia.
    -          Si tu savais comment les garçons m'ont parlé de toi Camille.
    -          A ce point, dis-je en souriant alors que je commence à me détendre.
    -          Florent ne tarie pas d'éloges sur toi. Je suis ravie de le voir si heureux, et c'est comme ça depuis qu'il t'a rencontrée.
    Florent se fait tout petit, il est gêné, c'est trop mignon !
    -          Lui aussi a été très présent pour moi quand ça n'allait pas. Vous savez de ce côté-là je crois que nous sommes à égalité.
    -          En effet, il m'a un peu parlé de tes vacances un peu bouleversantes. Et c'est sans compter Nicolas qui parle de toi comme de son ange gardien.
    Je souris. Nous continuons de discuter d'un peu de tout, des études, de la vie quoi. Puis vient un moment gênant peu après midi. Florent sort dans le couloir au téléphone avec un de ses frères, voire les deux vu qu'ils doivent être en récréation. Sa mère me parle alors de ce qu'elle souhaite que je fasse quand elle sera partie. Cette conversation me fait froid dans le dos. Elle remarque que je ne suis pas très à l'aise et me rassure. Elle souhaite, que dis-je, elle veut que je sois assise au même rang que ses fils à l'enterrement et que Gabriel et Nicolas, s'ils ont des copines soient seuls sur ce banc avec Flo et moi. Et elle me demande ensuite de veiller sur ses fils comme je l'ai déjà fait car ils ont grand besoin de quelqu'un comme moi à leurs côtés. Ce sont ses mots. Ils me font plaisir d'ailleurs, venant d'elle qui me voit pour la première fois. Puis elle me demande si je connais une Maëlle.
    -          Oui, c'est ma sœur jumelle que j'ai découverte cet été. Enfin, nous étions meilleures amies avant.
    -          Ah d'accord, parce que Gabriel m'a parlé d'elle comme sa confidente.
    Je manque de m'étouffer. Je ne les pensais pas si proches tous les deux. Lorsque Florent revient, une aide-soignante nous apporte un repas pour tous les trois. Il annonce que ses frangins finissent les cours à 15h et qu'ils seront là à partir de 16h.
    -          Ah, je risque de juste les croiser, c'est à peu près l'heure où je vais devoir partir pour aller au travail.
    -          Oh c'est dommage, me dit Sylvia.
    Moi, je trouve que ce n'est pas plus mal qu'ils soient seuls en famille. Au fil de nos conversations, j'apprends qu'elle a reçu la visite de Tristan hier. Aussitôt je regarde mon chéri car je viens de comprendre quelque chose. Le regard de Flo me confirme ma pensé : Tristan n'avait pas du tout cours hier matin et il a trouvé ce prétexte pour Marine afin d'avoir le temps de passer voir la mère de Flo. C'est génial de sa part d'être passé la voir. Et je vois dans le regard de Florent que ça le touche beaucoup. Cependant, si Marine l'apprend, rien, à ses yeux, n'excusera ce mensonge qu'il lui a fait. Et pourtant, s'il lui avait dit avant qu'il voulait aller voir Sylvia, elle aurait grogné aussi. Elle ne supporte pas qu'il puisse venir à Rennes pour une autre raison qu'elle. Une bonne heure plus tard, je dois partir. Je sens que Sylvia est triste de mon départ. Ça se voit qu'elle agit comme si la fin approchait à grand pas et ça me fait mal au cœur. Mais je ne le montre pas, enfin, j'essaye de ne pas le montrer. J'embrasse mon chéri sous le regard amusé, souriant, rassuré et aimant de sa mère. Il veut passer chez moi ce soir mais je lui dis de rester avec ses frangins et que je l'appellerais. Je me doute qu'il va venir quand même, mais j'aurais la conscience tranquille. Dans le couloir, je croise Nicolas et Gabriel.
    -          Tu pars, s'étonne Gabriel.
    -          Bonjour à toi aussi Gab, dis-je faussement vexée qu'il ne m'ait pas dit bonjour.
    -          Oh pardon, bonjour Camille.
    -          Oui je m'en vais, je bosse dans une heure et le temps de m'y rendre ... Au fait, depuis quand Maëlle c'est ta confidente ?, dis-je amusée.
    -          Oh non ! Pitié elle ne t'a pas raconté ça, dit-il gêné et honteux.
    -          Pourquoi, c'est un secret peut-être ?
    -          Non mais ...
    -          Un peu quand même, dis-je pour finir sa phrase. Ça ne m'étonne pas, Ma' ne m'a rien dit et vu la tête de Nico, il a l'air de l'apprendre aujourd'hui.
    -          Purée, Flo va encore me charrier avec ça ... souffle le cadet.
    -          Non, il était au téléphone dans le couloir quand elle m'en a parlé.
    -          Ouf.
    -          Mais je peux le lui dire, intervient Nico moqueur.
    -          Stop les gars ! Ne vous chamaillez pas ici, nous sommes dans un hôpital ... Eh oui Nico, ton ange gardien est de retour !
    Il me fait un sourire forcé et me demande qui me l'a dit.
    -          Ta mère tout à l'heure et Flo hier.
    -          Ah oui, hier, fait-il moqueur. Ça s'est bien passé ?
    -          Mince, fais-je en riant, la fouine rusée est de retour. Oui ça s'est bien passé. Ne t'inquiète pas Nico et ne te fait pas de films non plus. Je devine ta pensée à ton sourire.
    Ils baissent la tête tous les deux, honteux d'avoir été surpris avec de pareilles pensées.
    -          Bon les gars, ce n'est pas que je ne vous aime pas mais je vais être en retard. Gab, la prochaine fois que tu viens voir Ma', passe me dire bonjour. Et toi, Nico, n'oublie pas que je sais aussi faire ma fouine et être rusée !
     
     
    Mercredi 30 octobre 2013
         Depuis le début de la semaine je travaille comme animatrice tous les matins, avec ma sœur, là où elle allait au centre de loisirs quand elle était petite. Nous sommes chargées d'accompagner les enfants qui font un stage de patinage à la patinoire. Normalement nous n'avons pas le droit de monter sur la glace, mais les moniteurs sont cool et nous laissent parfois leur montrer quelques trucs. Le soir, nous allons toutes les deux à notre stage intensif de patinage. C'est de 18h à 19h30. J'adore ces heures-là car on progresse beaucoup plus. Depuis le début de la semaine, Florent vient me voir. Hier, Jessica a capté une conversation entre lui et moi qui parlait de Nico. Mais je ne pense pas qu'elle ait fait le rapprochement. En levant les yeux, je m'aperçois que Nicolas est là aujourd'hui. Ça va être difficile pour que Jess ne le voie pas et surtout ne nous voit pas parler ensemble. A la fin de l'entrainement, ma jumelle reste discuter avec Adrien. Pendant ce temps, je file au vestiaire, je me change en vitesse puis vais rejoindre Nicolas qui m'attend dans le hall. Je me demande bien ce qu'il y a de si important pour qu'il soit venu me voir ... Comme je m'en doutais, il me parle de sa mère.
     
    Depuis la première fois où j'y suis allée, j'y suis retournée deux fois. Et je me rends bien compte que les garçons le vive de plus en plus mal. L'autre jour, leur mère était fatiguée, Flo avait un rattrapage de cours alors j'étais seule avec elle quand Nico est arrivé dans la chambre d'hôpital de sa mère. Quand j'ai vu qu'il sortait son carnet de correspondance, j'ai tout de suite compris. Avant que sa mère ne comprenne, je lui ai fait signe de ranger son carnet et d'attendre qu'on ne soit que tous les deux. A la fin des heures de visites, nous sommes allés à la cafétéria de l'hôpital afin qu'il me montre son carnet de correspondance. Il avait une énième heure de colle a faire pour manque d'attention en cours de mathématiques. Ce qui, soit dit en passant, ne l'empêche pas d'avoir 20 de moyenne dans cette matière. Le prof en profite juste pour prouver son autorité. Comme si Nico avait besoin de ça. Le jour-là, j'ai signé à la place de Flo ou de sa mère et j'ai aussi écrit un mot au prof, qui d'ailleurs est au courant de la situation comme tous les autres, pour lui signifier qu'empêcher un élève qui a 20 de moyenne d'aller voir sa mère en phase terminale d'un cancer par une heure de colle pour manque d'attention en classe relève du foutage de gueule voire de la faute professionnelle. Depuis Nicolas n'as plus eu d'heures de colle et il se confie plus à moi.
    Mais aujourd'hui, il est stressé car au lycée, les élèves ne le savent pas et il a vu que Jessica est dans les parages. J'allais le rassurer sur le fait qu'elle ne fera pas attention quand j'ai vu son regard changer. J'ai laissé ma phrase en suspend et me suis retournée. Mais c'est trop tard, Jess avait déjà tout entendu le début de la conversation et elle a fait une drôle de tête. Vu qu'hier elle m'a un peu entendu quand je parlais avec Florent, elle a de suite fait le rapprochement. Nico va pour partir, mal à l'aise et encore plus stressé. Mais je l'en empêche et lui chuchote que c'est l'occasion pour lui de pouvoir en parler à quelqu'un de confiance. Jessica, elle, n'en revient pas que Flo et Nico soient frères. Maëlle, qui sort du vestiaire au même moment, se marre en voyant la tête de Jess et lui dit qu'elle verra le troisième frangin demain. Avec Nico nous nous regardons et en déduisons que Gabriel ne va pas bien non plus. Avant de rentrer avec ma frangine, je chuchote à Jess de prendre soin de Nico. Et j'adresse un sourire rassurant à Nicolas pour qu'il soit sur qu'il peut faire confiance à Jessica. Alors que nous attendons le bus, Maëlle me dit qu'ils iraient bien ensemble. Je lui réponds que je suis d'accord avec elle mais qu'à mon avis ce n'est pas pour tout de suite vu que Nicolas ne fait confiance à personne à part aux gens qu'il connait depuis longtemps. Le soir, Florent vient me voir. Il semble préoccupé. Je pense que c'est à propos de sa maman, mais comme il n'en parle pas je ne dis rien et attend qu'il soit prêt à en parler.
     
     
    Mercredi 6 novembre 2013
                    Après une dure journée de cours, je me détends en faisant la cuisine. Marine est ravie du dessert que je suis en train de préparer : un gâteau au chocolat avec un cœur de confiture de fruits rouge. Malheureusement, elle le mange en vitesse car elle sort après. Après mon dîner, je vais à l'étage pour réviser un peu mes cours. Puis j'entends ma sonnette. Je descends puis ouvre la porte. J'y découvre mon chéri en larmes. Je comprends immédiatement ce qu'il se passe ... Il me chuchote un « c'est fini » entre deux sanglots, ce qui me confirme bien ce que je pensais. Je le serre fort dans mes bras, referme la porte et nous allons nous asseoir dans mon canapé. Je ne sais pas quoi dire à part que c'est plus tôt que ce que les médecins avaient annoncés. Je ressens aussi e fait que Flo n'a pas besoin de paroles mais simplement de ma présence.
    -          J'ai peur de ne pas y arriver, elle va me manquer, nous manquer et en plus mes frangins sont encore jeunes ... parvient-il à articuler entre deux sanglots.
    -          Je sais mon cœur. Mais je suis là, il y a Tristan, les autres aussi. On est tous là pour vous aider toi et tes frères.
    -          J'ai honte de pleurer ainsi.
    -          Ah non ! Mon ange, je ne veux pas t'entendre dire ça, tu as tout à fait le droit de pleurer et vu les circonstances, c'est tout à fait compréhensible.
    Il se blottit encore plus contre moi. Je lui demande avec douceur où sont Gab et Nico.
    -          Gab m'a demandé le droit de sortir et je lui ai fait promettre de ne pas faire de bêtises. Nico m'a dit qu'il préférait rester seul et travailler pour faire passer le temps et la douleur vu qu'il n'a pas sommeil.
    Au même moment, mon téléphone sonne. C'est un sms de Maëlle qui me dit que Gabriel est chez elle et qu'il lui a annoncé la mauvaise nouvelle. Je lui réponds aussitôt « Je sais, Flo est chez moi. Contente de savoir que Gab est avec toi. Ça va rassurer Flo qui regrettait de l'avoir autorisé à sortir ».
    -          Mon cœur, soit rassuré, Gab est à côté avec Maëlle.
    Puis j'apprends aussi, par Jess cette fois-ci, que Nicolas est bien resté chez lui et qu'il lui parle sur skype. Florent est rassuré et en même temps intrigué par le fait que Jessica et Nicolas se connaissent. Je lui apprends donc qu'ils sont dans la même classe. Puis nous allons nous coucher. Flo dort peu car je le sens qui bouge tout le temps.
     
    Le lendemain, il va en cours mais dès qu'il a un moment, il téléphone pour organiser l'enterrement de sa mère et prévenir tout le monde, y compris la petite bande.
    Vendredi midi, Tristan arrive pour soutenir Florent et ses frères. L'attitude de ce dernier prouve encore a quel point c'est un ami dévoué.
     
     
    Samedi 9 novembre 2013
           Aujourd'hui, c'est le jour de l'enterrement de la mère de Florent. A l'église, je suis sur le même banc que Flo, Gab, Nico, comme leur mère me l'avait demandé. Tristan y est aussi. Il y a des amis de leur mère, des tantes éloignées, des amis à eux et toute la bande sauf Louise et Melinda qui, habitant trop loin, n'ont pas réussi à se libérer. J'ai aperçu au loin Jessica. D'ailleurs à la fin de la cérémonie, elle m'envoie un message. Elle veut me parler. Vu qu'il est 11h30 et que Flo veut absolument que j'aille à l'entrainement de patinage malgré les circonstances, je réponds à Jess que ça attendra qu'on soit à la patinoire. Elle me répond « non, parce que là-bas il y aura Jade pas loin. Ça attendra lundi alors ». je lui fait un « OK » de la tête. Puis j'attends mon chéri pour que nous rentrions ensemble à mon appartement avant que j'aille au patinage. Exceptionnellement, je peux rester à Rennes ce week-end, les parents ont compris la nécessité que je sois présente auprès de Florent même s'ils ne savent pas que nous sortons ensemble.
     
     
    Mercredi 20 novembre 2013
                    Depuis maintenant deux semaines qu'elle est partie, tout recommence à reprendre son cours normal. Même si Flo a moins le sourire et qu'il a peur sans cesse pour ses deux frères. D'ailleurs, en parlant de Nicolas et Gabriel, nous avons appris Maëlle, Tristan et moi qu'en plus de Flo nous sommes les trois à avoir l'autorisation de signer les papiers du lycée et autres formalités. C'est leur mère qui avait noté cela dans son testament. Gab et Nico ont un peu de mal à remonter la pente, notamment leurs notes au lycée. Cela n'est pas catastrophiques non plus. Ils avaient 19 de moyenne et ils sont passés à 16. Ils restent premiers de leurs classes et de leurs promos. C'est ce que m'a dit leur professeur que j'ai été voir à la place de Flo, sur sa demande. Cet après-midi, je finis à 15h30 mais je suis pressée parce que Nicolas veut me voir. Apparemment c'est urgent. Je lui ai dit que Marine serait à l'appartement. Il a dit que ce n'est pas grave. Du coup, lorsqu'il arrive, nous prenons un goûter tous les trois. Marine s'éclipse ensuite réviser dans sa chambre alors que je reste avec Nicolas sur le canapé. A mon grand étonnement, il me parle de Jessica.
    -         Tu sais ton amie de la patinoire ?
    -         Laquelle ? Jess ?
    -         Oui, Jessica. Je la connais bien, elle est dans ma classe, c'est même la déléguée.
    -         Je sais, dis-je avec un grand sourire. Tu comprends peut-être mieux pourquoi je suis informée facilement quand tu fais une connerie.
    -         Ne me dit pas, Camille, que tu lui a demandé de me surveiller, me demande-t-il inquiet.
    -         Pas du tout Nico. C'est elle qui a commencé à le faire. Je savais quand tu séchais pour aller voir ta mère, même quand ce n'était pas inscrit dans ton carnet.
    -         Mais pourquoi elle a fait ça ? me demande-t-il perdu et perplexe.
    -         Sans doute parce qu'elle a vu que tu avais besoin de ça et qu'elle voulait t'aider. Tu n'auras qu'à le lui demander. Et pourquoi tu voulais me parler d'elle, l'interrogé-je d'une voix calme.
    -         Bah, ... En fait, ... Depuis deux semaines, je sens qu'elle a changé d'attitude envers moi. Et je sais que ce n'est pas à cause de la mort de maman, mais ...
    -         Bravo Nicolas ! Première fois que tu le dit clairement à haute voix. C'est bon signe. Vas-y continue.
    -         Je ne sais pas quoi en penser. Elle est toujours attentive à moi, mais on est moins complices ... et je dois reconnaître que ça me manque.
    Je souris face à ce qu'il me dit. Pourquoi ? Parce que le lundi après les obsèques de la maman des garçons, Jessica m'a parlé e Nico. Je sais pourquoi il y a moins de complicité entre eux. Rien de grave mais je ne peux rien dire, surtout pas au principal concerné.
    -         Nico, sans peser à son attitude à elle, est-ce que toi aussi tu as changé quelque chose ? Qu'est-ce qui te manque le plus par rapport à avant ?
    Pourquoi je lui pose ces questions ? Parce que j'ai l'impression qu'il se voile la face le petit ! Alors qu'en temps normal il aurait déjà compris ce qui lui arrive et en aurait profité à fond. N'oublions pas que Nicolas est un fonceur, surtout dans ce registre.
    -         Moi, ça a changé dans ma tête mais je ne pense pas avoir laissé paraître quoi que ce soit parce qu'en ce moment je n'ai pas besoin de perdre ma seule véritable amie. Ce qui me manque, ce sont les nombreux moments qu'on passait tous les deux.
    -         Eh Nico ! Tu ne crois pas que tu te voiles la face là ? C'est quoi qui a changé dans ta tête ?
    Il me regarde bizarrement. Je poursuis.
    -         Nico, honnêtement, en temps normal, tu n'as besoin ni de moi ni de personnes d'autres pour te rendre compte de ce qu'il se passe dans ta tête. En réalité, tu fais comme Flo, tu t'interdis de vivre joyeusement parce qu'elle n'est plus là. Mais tu le sais et en plus je sais qu'elle vous l'a dit, vous ne devez pas vous couper du monde, vous devez continuer d'aller de l'avant. Vous devez vivre et profiter des bonnes choses de la vie !
    -         Je sais que tu as raison.
    -         Alors c'est quoi la vraie raison ?
    -         Je suis amoureux comme ça ne m'est jamais arrivé ... déclare-t-il en rougissant.
    -         Bah tu vois quand tu veux, fais-je moqueuse. Bon promis je ne dis rien, mais ne garde pas ça pour toi.
    -         Mais toi Camille, tu ne sais pas ce qu'elle pense e moi ? S'il-te-plait Camille, m'implore-t-il.
    -         Désolé Nicolas, on se parle beaucoup mais pas de nos histoires de cœur. Tu comptes beaucoup pour elle mais dans quel sens je n'en sais rien. Je ne sais pas moi, mais appelle-la pour que vous vous voyiez comme avant et aller discuter ou faire je ne sais quoi.
    -         Un ciné vu le temps pourri, s'exclame Nicolas d'un ton qui laisse penser qu'il énonce une évidence.
    -         Ouais, enfin, ça fait peut-être trop RDV ...
    -         On le faisait avant.
    -         Comme tu veux Nico. Après, moi je te le dis, j'ai toujours su que c'est plus que de l'amitié que tu as pour elle. Mais je ne pense pas que quelqu'un d'autre l'ait remarqué. A part Maëlle l'autre jour et peut-être Gabriel. Il avait apparemment parlé de vous deux à ta mère.
    -         Oh le con ! Oui, il savait qu'à la rentrée je la trouvais belle. Mais je lui avais dit : « Fini le Nico dragueur » et j'avais dit que j'allais apprendre à la connaître. En fait mes sentiments n'étaient pas partis, juste enfouis.
    -         Ton frère te connais bien et te vois tous les jours avec elle alors peut-être qu'il a remarqué. Mais si tu lui en parle, c'est avouer qu'elle te plait vraiment. Tu connais ton frère, ça va finir en chamaillerie ! Enfin, après vos chamailleries manquent à tout le monde et ça prouverait que vous allez mieux.
    -         Je sais Camille, je sais. Je te laisse bosser Camille, moi aussi je dois aller réviser, j'ai un devoir sur table demain en Histoire. Merci encore et je vais voir pour Jess demain ou ...
    -         De rien Nicolas. Demain, elle te dira non, on a entrainement.
    -         Ah oui, bah en fin de semaine alors. Je demanderais à Flo si je peux sortir.
    -         S'il ne veut pas, tu m'appelle et je le ferais changer d'avis ; mais en contrepartie, j'appellerais Jess pour savoir si tu es bien avec elle. Tu dois remonter tes notes Nico !
    -         Je sais. Merci Camille.
     
     
    Mardi 31 décembre 2013       
            Aujourd'hui, c'est le dernier jour de l'année. Le moment de faire un point sur tout ce qui m'est arrivé depuis douze mois ou plutôt depuis six mois. Avec Maëlle, tout va bien, même si nous ne nous comportons pas encore vraiment comme des sœurs. Sauf chez les parents. De temps en temps, nos amis nous appellent les frangines ou les jumelles, mais c'est rare. A la patinoire, à par l'entraineuse, Jess et Jade à qui on l'a dit dès le départ, personne ne le sait, hormis Adrien. D'ailleurs en parlant de lui, il commence enfin à être sympa avec moi. Certains ont des doutes car ils nous voient souvent ensemble Maëlle et moi. Côté parents, ça va mieux : presque plus de disputes. Pour les amis, rien de négatif non plus. Je commence même à m'entendre avec Hugo, alias « bouclettes ». Le club des cinq a toujours son appart. Ils s'entendent bien même si Lucas et Zach en ont assez du comportement des autres qui ont tendance à ne rien ranger et nettoyer dans l'appartement. Louise et Melinda vont bien aussi. Elles viennent d'arriver car ce soir nous fêtons le nouvel an chez moi avec toute la bande. Côté cœur, je suis toujours avec Florent. Même si ça a été dur au mois de novembre. Mon chéri commence à aller beaucoup mieux et j'en suis heureuse. Il habite un appartement pas loin de la colocation du club des cinq. Il y habite avec Gabriel et Nicolas. Ce dernier me parle souvent et m'appelle « son ange gardien ». Je me demande que qu'ils attendent lui et Jessica pour se mettre ensemble, ils sont adorables. Gabriel, j'ai plus de mal à le supporter. Il a fait pas mal de conneries au lycée depuis le décès de sa mère. Jamais de grosses bêtises, mais quand même. Je sais qu'il est plus proche de Maëlle que de moi. Ma frangine est bien sur toujours avec Zach. Et Marine est toujours avec Tristan. Donc ce soir nous mangeons chez moi puis nous allons voir le feu d'artifice et après nous allons en boîte. Quand je dis « nous », c'est ma jumelle, moi, Flo, le club des cinq, Melinda, Louise, Morgane, Sophie, Debora, Kevin, Marine et Tristan. Comme l'été dernier au final. Les frères de Florent ont préféré rester chacun de leur côté. Nicolas est avec toute sa classe chez Jessica et Gabriel est avec des copains à lui mais personne n'en sais plus. Il est resté très mystérieux. ...
            Finalement, cette année 2013 se termine bien mieux que je ne le pensais, même si elle a été très perturbée et perturbante. 
     

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