• L'été où ma vie a basculée (chapitre 45)

     

    Août 2013, 7e semaine de vacances, Mardi
     
                    La nuit a été courte, très courte même, ... et très sportive aussi ... Je vous passe les détails. Mais c'est le portable de Florent qui nous sort du sommeil de si bonne heure. Au juron qu'il sort, je me doute que ça ne présage rien de bon. Il me souffle que c'est l'hôpital où est sa mère. Je le laisse donc seul et part me préparer puis faire des courses en ville. Je suis inquiète pour lui, mais je tâche de me concentrer sur ma conduite. Lorsque je rentre au camping, je range mes courses puis file à l'emplacement de mon chéri. Je le trouve en larmes dans sa toile. Je me doutais que je n'aurais pas dû partir et en même temps j'estime ne pas assez connaître ses problèmes pour rester. Je m'assois à côté de lui et lui chuchote des paroles douces tout en le serrant dans mes bras. Une fois qu'il ne sanglote plus, il m'explique qu'il a eu le médecin de sa mère au téléphone et qu'il lui a annoncé qu'elle a un cancer du sein à un stade avancé, et que vu l'état faible de ses défenses immunitaires de son corps, il est trop risqué de faire l'opération. Puis il a eu sa mère au téléphone. Cette dernière a dit que son mari viendrait chercher leur caravane dans la semaine et aussi qu'elle ne sait pas dans quelle ville elle va être transférée vu qu'elle ne peut rester à Saint-Brieuc. Soit elle ira au Mans, soit à Rennes, soit à Nantes, soit à Brest. Florent se remet à sangloter. Je lui demande s'il a prévenu ses frangins.
    -          Pas encore ... soupire-t-il.
    Pour ma part, je pense au fait qu'il va repartir d'un moment à l'autre mais je garde cette pensée pour moi.
    -          Il faut que tu leur dises. Surtout que ton père peut débarquer d'un moment à l'autre et vous n'aurez sans doute pas le temps de dire au revoir ...
    -          Parle pas de malheur ! Cette enflure ne m'obligera pas à partir avant toi ! De toutes façons, j'ai ma bagnole !
    -          Flo, ..., soit raisonnable et pense à tes frères, dis-je d'une voix douce, ta voiture est petite. Même si vous restez plus longtemps, tout ne rentrera pas. Faut que vous en mettiez dans la caravane.
    -          Je sais que tu as raison, soupire-t-il.
    Je lui propose d'aller chercher ses frères. Il opine de la tête. Je sors de sa toile et me dirige vers celle de son cadet.
    -          Gabriel, va voir Flo, c'est urgent. Il est dans sa tente.
    -          Ok, j'y vais, me répond-t-il au travers de sa tente.
    Il sort et file voir son aîné tandis que je vais voir Nicolas.
    -          Nico, ouvre, c'est Camille.
    -          Entre.
    -          Alors, en meilleure forme qu'hier ?
    -          Bof, je m'en veux de m'être fait avoir.
    -          Eh, tu aurais pu tomber encore plus dans le panneau si tu vois ce que je veux dire.
    -          Je sais ..., dit-il en soupirant. Tu avais raison, j'ai été trop bête de pas croire mon ange gardien.
    -          Bon aller, oublie un peu tout ça et sois fort. Flo a une mauvaise nouvelle à vous annoncer, dis-je d'un ton grave.
    -          T'es sérieuse ?
    -          On ne peut plus sérieuse.
    Nico sort en trombe de sa tante. J'entends déjà Gabriel qui pleure. Je décide de les laisser entre eux. Je pars manger dans ma tente où il y a Maëlle et le métis. En début d'après-midi, je vais à la plage parfaire mon bronzage tout en écrivant ma fiction. J'y croise Marine et Tristan main dans la main. Je leur souris, contente pour eux.
    -          Camille, tu n'aurais pas vu Flo ? Il ne me répond pas, poursuit-il inquiet.
    -          Dans sa toile avec ses frères.
    -          Aucun des trois ne répond, ... me dit-il de plus en plus inquiet.
    -          Laisse, profite de ton après-midi, je vais voir ce qu'il se passe, dis-je en ramassant mes affaires.
    -          Ok, merci Camille.
    -          De rien.
    Du coup, changement de programme, je retourne au camping et me rends à l'emplacement de mon chéri. Tout semble calme et inerte. Je suppose qu'ils sont tous dans la toile de Flo. J'y frappe. Personne ne me répond alors que je les entends chuchoter. J'hésite à entrer. Je fais d'abord sonner le téléphone de Flo. J'entends la sonnerie, mais pas de réponse, il laisse sonner. Puis celui de Nicolas : idem, pas de réponse. Inquiète, qu'ils préfèrent s'isoler tous les trois, j'ouvre la porte de la toile. Je les découvre s'apprêtant à noyer leur chagrin dans de la vodka ! Nicolas est dos à moi. Je lui prends la bouteille des mains avant qu'il ne l'ouvre.
    -          Ah bah bravo ! Et de qui vient cette stupide idée, hurlé-je hors de moi.
    -          Eh bien, se lance Nicolas tout penaud, noyer son chagrin dans l'alcool c'est Gab et moi je sais que Tristan a toujours une bouteille de vodka dans sa tente. Il m'a toujours dit « c'est pour les coups durs »
    -          Mon dieu ! Mais dites-moi que je rêve ! Nicolas, tu vas remettre tout de suite la bouteille à sa place et sans l'ouvrir ! Profites-en il est à la plage avec Marine.
    -          D'accord, dit-il résigné avant de se lever de sortir de la tente.
    Florent me regarde désolé et son visage fermé me montre son impuissance face à la situation. Je sens dans son regard la tristesse de se montrer à moi dans cet état-là et aussi la reconnaissance d'être intervenue.
    -          Et pour éviter ce genre de bêtises, tout le monde à la plage ! Aller, on se bouge-là ! Et Flo, va falloir que tu en parles à Tristan, il se fait un sang d'encre vu qu'aucun d'entre vous ne lui répond.
    Nicolas étant revenus, ils obéissent tous les trois et me suivent à la plage où toute la bande est déjà présente. Florent prend immédiatement Tristan à part pendant quelques instants pour lui expliquer la situation. Tristan est de plus en plus déconfit, au fil de l'avancée du récit de son meilleur pote. Je les observe tout en discutant avec Marine. Les frangins de Flo ont vraiment du mal à rire aux blagues de la troupe. Puis, alors que mon chéri revient vers moi, Marine se fait embarquée par Tristan. Elle toute souriante et espère un moment en tête à tête avec son chéri mais à mon avis, Tristan n'est pas disposé à ce genre de choses. Je pense avoir deviné que Tristan a une idée en tête pour remonter le moral des trois frères. A ce moment-là, je n'ai pas du tout pensé que cette histoire de famille influencerait mon histoire de cœur. Pourtant, c'est bel et bien arrivé ! J'ai alors découvert une autre facette de l'amour : la peine et le soutien de son partenaire durant les moments compliqués. C'est vers 16h30 que je comprends ce que Tristan mijote. Ce soir, comme le fait remarquer Zach, c'est soirée 16-20ans à la boite de nuit. Et Tristan vient d'appeler Nico et Gab pour les convaincre. Ce qui n'est pas trop dur vu qu'ils en rêvent depuis le début des vacances. Mais en revanche, il me faut convaincre Flo. Et ça, ce n'est pas une mince affaire. Après m'avoir répondu non toute la fin d'après-midi, mon chéri me téléphone pour me dire qu'il a changé d'avis. Il me dit que ça va lui faire le plus grand bien de sortir. Il est donc 23h30 lorsque nous arrivons à l'entrée de la boîte. Nous payons notre entrée et mettons nos affaires au vestiaire avant de rejoindre les autres qui sont déjà arrivés. Ce soir les musiques sont toutes « calienté ». Ça tombe bien, avec Flo nous adorons ces musiques qui nous permettent de danser collé-serrés. Au début, je le sens raide, tendu, puis, petit à petit, il se détend et semble plus serein. Vers 3h30 lorsque nous rentrons tous au camping, tout le monde semble avoir oublié ses soucis du moment et profite de l'instant présent. L'objectif de la soirée est donc atteint. Mon chéri reste dormir avec moi. Il me dit avoir besoin de réconfort et d'amour. C'est trop mignon !

     


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