• L'été où ma vie a basculée (chapitre 39)

    CHAPITRE 39 : Août 2013, 6e semaine de vacances, Mercredi

     

        Ce matin, le réveil est difficile même si mon chéri est auprès de moi. Pourquoi ? Parce que je crains ce que les parents vont nous annoncer. Il est 9h15 et franchement, mon mal de tête affreux me fait regretter de n’avoir rien bu hier, au moins je aurais su pourquoi je me sens mal ! Florent, toujours aussi attentionné me caresse délicatement le visage, le cou et les épaules en me chuchotant des mots doux. Tout à coup, nous entendons la fermeture éclair de la tente s’ouvrir avec empressement. Puis ma jumelle crie.

    -         Debout les tourtereaux ! Camille, les parents ont envoyé un message, ils appellent dans une demi-heure.

    -         Eh du calme Maëlle, lui répond mon chéri, Camille à mal à la tête.

    -         Oups, fait ma frangine confuse. 

    -         Putain, fais chier, dis-je en réalisant ce que Maëlle vient de me dire. 

    Je me lève avec empressement et prépare mes affaires pour la douche. Plus je bouge, plus ma tête tourne. Florent se lève aussi. En voyant ma tête, Maëlle se moque de mes abus de la veille. Mais lorsque je lui réponds que je n’ai pas bu une goutte d’alcool, elle s’inquiète sévèrement. Elle le sait un mal de tête sans explication peut être le signe d’une crise d’angoisse imminente et importante.

    -         Camille, va doucement, tu vas faire un malaise, me dit Maëlle. 

    -         T’en fais pas Maëlle, lui dit Florent, je vais à la douche aussi, je ne serais pas loin si y a un souci. 

    En entendant cela, je souris de voir Florent si attentionné et protecteur. Mais je ne m’attendais pas ce qu’il entre dans la même douche que moi. Le coquin ! Ça, c’est certain, il ne va rien m’arriver. Mais, je ne suis pas sûre que ma sœur pensait à ce genre de surveillance. Lorsque je retourne à ma tente après des paroles rassurantes de mon chéri, ma sœur est déjà au téléphone. Je peste en mon for intérieur. Je connais maman, elle va grogner que je ne sois pas prête. Mais elle ne sait pas pour mes crises d’angoisses alors elle ne peut pas comprendre. Ma jumelle me regarde avec un air interrogateur. Je comprends alors que les parents ont commencé par lui parler de son appartement. Je lui souris et elle me chuchote un « cachotière » en riant. Puis les parents nous expliquent que Maëlle va emménager dans son appartement dès la fin du mois d’août, autours du 29. Ma mère me demande alors quand est-ce que Marine emménage avec moi. Je lui réponds « le 1er septembre ». Ensuite, nous parlons de notre vie tous ensembles. Les parents veulent que nous passions tous les week-ends à la maison pour nous habituer à vivre toutes les deux comme des sœurs. Ils nous conseillent également de ne pas forcément dire à toutes les personnes que nous connaissons ce changement afin d’éviter les questions gênantes, insistantes, à répétition … par contre, mon père nous précise que pour notre inscription à la patinoire, Maëlle ne va pas pouvoir mentir. Je vois ma sœur grimacer. Je lui dis alors qu’elle peut faire son inscription auprès de l’entraineuse dans son bureau pour que cela reste secret. Elle approuve mon idée. Les parents lui disent aussi de penser à changer ses informations à la fac, ce qui est aussi valable pour moi. Parler de la rentrée me donne le bourdon. Ma jumelle tente de me réconforter mais ce n’est pas facile. Mais sa position st plus agréable que la mienne, elle sait que Zach n’habite qu’à moins d’une heure de route de Rennes. Je le lui fais remarquer une fois que nous avons raccroché. Elle soupire avant de me dire que j’ai raison, mais qu’il ne faut pas non plus que je pense à ça tant que ce n’est pas l’heure des séparations. Elle ajoute qu’il faut que je profite de passer du temps avec Florent, « je n’ose dire du bon temps », finit-elle malicieusement. Je lui donne une petite tape sur la tête pour qu’elle arrête de se moquer de moi. Heureusement qu’elle ne sait pas ce qu’il s’est passé dans la douche ce matin. Enfin mon moral n’est pas au beau fixe pour autant. Après le repas de midi, une fois la vaisselle faite, Maëlle s’éclipse. Je suis presque certaine qu’elle va passer l’après-midi avec Zach. Mais lorsqu’elle sort de ma toile, je l’entends parler avec Flo. Je suis sûre qu’elle lui parle de mes craintes vis-à-vis de la rentrée, la traitre !

    -         Alors ma belle, on fait des crises de panique, me lance Florent en souriant affectueusement. Faut pas t’inquiéter comme ça. 

    -         Mais, il ne nous reste même pas deux semaines ici, parviens-je à articuler avant de pleurer. 

    -         Chut, me dit-il en me prenant dans ses bras. Même si nous sommes séparés, je ne t’oublierais pas. Et puis je viendrais te voir le week-end. Je ne veux pas que tu doutes de ça. On profite à fond des jours qui nous restent à passer ensemble. Aller viens, on fait une partie de « jungle speed » et pas besoin de sourire comme ça, cette fois-ci on la fait vraiment, promis je ne fais pas comme l’autre jour, finit-il en souriant de son sourire charme que je préfère. 

    En plein milieu de l’après-midi, nous entendons une des filles revenir sur l’emplacement d’à côté ou d’en face qui glousse et rit avec un mec. Je me demande bien qui cela peut être puis je songe à Morgane et Hugo. J’ai pensé sans doute à voix haute et Florent me répond que ce n’est pas la voix du bouclé. Finalement, aussi curieux l’un que l’autre, nous regardons discrètement au-dessus de la haie qui nous sépare de l’emplacement d’à côté. J’y aperçois Debora. Puis Florent me donne un coup de coude pour que je regarde au même endroit que lui. Je vois alors Nolan qui entre sur l’emplacement et embrasse Deb. Comme c’est mignon !

    -          M’étonne pas que je ne connaissais pas la voix, Nolan, on ne l’entend presque pas, il parle si peu, dis-je en chuchotant.

    -          C’est vrai.

    Ensuite, nous décidons d’aller à la plage en amoureux. Nous nous dirigeons vers la crique des amoureux. Peu de temps après que nous soyons installés, Hugo et Morgane débarquent.

    -          Désolé, la place est prise, dis-je au bouclé qui me jette un regard noir alors que Morgane se marre.

    -          Qu’est-ce qui est drôle, demande le bouclé vexé.

    -          Mes leçons ont enfin portées leur fruit. Camille sait enfin se défendre face à des mecs comme toi. Et c’est plutôt rassurant, ça évite d’avoir à la ramasser à la petite cuillère.

    -          Pff, fait Hugo.

    -          Aller viens, on va ailleurs, lui susurre Morgane d’un ton romantique qu’on ne lui soupçonne pas.

    Puis c’est ensuite, quelques instants plus tard, Debora et Nolan qui arrivent.

    -          Salut les amoureux, lance Florent moqueur.

    Debora nous lance un regard interrogateur.

    -          Deb, les haies entre les emplacements ne sont pas encore très hautes, lui réponds-je en riant.

    Nolan paraît gêné alors que Debora rigole. Puis nous leur laissons la place en leur disant « honneur au couple le plus récent ». Nous allons donc nous poser sur la grande plage où nous retrouvons ma jumelle qui, comme je le pensais, est avec son cher Zach. Nous leur expliquons ce qu’il vient de se passer. Nous rions mais Zach semble perplexe face à cette nouvelle. Je l’interroge du regard. Il me répond qu’il trouve ça bizarre car de ce qu’il connait Debora, ils ne vont pas vraiment ensemble. Je lui dis qu’on verra bien, mais il ajoute qu’il est inquiet parce que Nolan sort d’une rupture difficile et qu’il a tendance à suivre Hugo dans ses conneries. Au final, notre discussion est interrompue par Nicolas qui vient chercher son frère. Du coup je reste avec Maëlle et le métis. J’explique au métis que de toutes façons je suis toujours obligée de surveiller Debora pour la protéger des dangers de la vie, qu’on verra bien ce que l’avenir leur réserve et que si cela se trouve, ils seront très longtemps ensemble. Puis Zach change de sujet de discussion d’un coup me donne un conseil.

    -          Camille, habille-toi comme hier soir, Florent a adoré.

    -          Ah parce que maintenant, vous parlez de moi dans mon dos, dis-je en faisant semblant d’être outrée.

    -          Ce n’est pas nouveau, me répond malicieusement le métis. Et Ma’, je te trouve ravissante dans ta robe d’hier.

    -          Quelle charmante façon de me dire de me rhabiller pareil, déclare ma jumelle en souriant malicieusement, mais qui te dis mon amour que je n’ai pas encore plus surprenant dans la valise ?

    Alors qu’ils s’embrassent avec passion, je rentre à la tente où Louise m’attend avec Melinda pour que nous mangions ensemble avant de nous préparer. Suivant le conseil de Zach, je remets mon petit haut jaune puis j’enfile ma jupe en jean. Maquillage bleu aux yeux, mascara noir et rouge à lèvre orange et me voilà prête. Louise me boucle quelques mèches avec son fer à boucler. Un peu de parfum et je suis totalement prête ! Nous arrivons au port après vingt minutes de marche à pieds. Il est 20h et c’est le début des danses bretonnes. J’en fais quelques-unes. Melinda aussi. Louise essaye d’en faire une simple et pour une première tentative c’est vraiment pas mal. Une bonne demi-heure plus tard, les garçons arrivent.

    -          Eh, les filles, les mecs arrivent, lance Melinda.

    -          Lesquels, dis-je. Le club des cinq ? Flo ?

    -          Hum, me fait Melinda avant de répondre, y a Flo, Nicolas, la garce, Tristan.

    -          Et y a les autres plus loin, complète Louise.

    -          Salut ma chérie, me susurre Florent.

    -          Coucou mon cœur, lui-réponds-je avant de l’embrasser.

    Tristan et Nicolas sifflent ! Ces nigauds ! Pff, ils en font exprès pour m’énerver. Du coup je me force à ne pas réagir. Ce qui est difficile car le métis se joints à eux. Ces trois-là, quand il s’agit de faire des conneries … Je jette un regard noir à Zach. Puis il me glisse à l’oreille qu’il est ravi que j’ai suivi son conseil vestimentaire. La soirée se déroule dans la bonne humeur. Je danse aux côté de Florent, et de Maëlle. Je m'amuse comme une petite folle ! J’adore danser et cela n‘échappe à personne. En revanche, je m’étonne d’une chose : Nicolas vide encore verre sur verre et Florent ne dit rien. A mon avis cela cache encore un problème familial. Mais le pire, c’est qu’étant bourré, Nicolas ne se rend même pas compte que la garce batifole de mec en mec ! Tristan semble aussi désemparé que moi face à la situation. Je croise le regard de Noémie. Si je le pouvais, mon regard la tuerait ! Quand je pense, qu’on a tous cru qu’elle avait changé … Le pauvre Nicolas va encore souffrir. Il n’a pourtant vraiment pas besoin de cela en ce moment. Le reste de la soirée se déroule plutôt bien, même si l’on peut dénombrer plusieurs bourrés … Dans le lot de ceux qui ne marchent plus droit ou plus tout seul, nous avons Nicolas, Gabriel, Hugo, Léo, Débora et Morgane. Melinda n’est pas au top de sa forme mais ça va encore. Nous sommes tous venus à pieds, au moins il n’y a pas de problème pour rentrer. C’est juste plus long, mais l’air frais du bord de mer n’a jamais fait de mal à personne. Après deux slows qui clôturent la soirée et que je danse dans les bras de mon chéri, toute la petite bande rentre au camping. Devant Flo et moi, y a Débora et Nolan. Ils me font rire tous les deux. Par contre Nicolas et Noémie, ça me fait de la peine de les voir ainsi. Elle ne se préoccupe pas de lui, à croire que ça l’arrange qu’il soit dans ce piteux état. Heureusement Tristan aide le petit jeune du groupe à avancer. Un regard vers mon Florent adoré me montre qu’il n’est pas indifférent à l’état de son petit frère, mais plutôt désemparé et inquiet. Lorsque nous arrivons au camping, Florent se dirige vers sa tente pour veiller sur ses frères. Je m’apprête à tourner vers la mienne, mais mon chéri m’attrape par la main. Je le suis donc jusqu’à sa tente, toute souriante. Gabriel et Nicolas n’arrivent pas à ouvrir leurs tentes. Florent se moque d’eux. Moi, j’ai de la peine pour eux et vais ouvrir la tente de Gabriel puis celle de Nico. Ensuite, je rejoins Florent dans la sienne. Il m’explique qu’il est inquiet pour Nicolas car d’habitude c’est un battant. Et il surveille son cadet, parce que lui, au contraire est fragile. Et c’est les larmes aux yeux qu’il m’annonce que l’état de santé de sa mère s’est aggravé et qu’ils lui ont diagnostiqué un cancer des deux seins à un stade avancé, en plus de son organisme sans défenses immunitaires. Je lui chuchote qu’il n’y a pas que cela qui chagrine Nicolas. Comme je m’y attendais, Florent sors de ses gonds !

    -          Ne me dit pas que c’est Noémie, sinon je lui en colle une tout de suite à cette garce !

    -          Calme-toi Flo, je n’ai rien dit. Et tu n’as qu’à observer pour te rendre compte que ça ne tourne pas rond entre ton frère et la garce. Demande à Tristan ce qu’il en pense, fini-je en souriant affectueusement, pour lui montrer qu’il n’est pas seul à se préoccuper de ses frères.

    -          Je sais qu’il me cache des choses. Il veille tellement sur Nico que rien ne peut lui échapper. Je lui fais confiance. Heureusement qu’il est là, sinon j’aurais bien du mal à gérer mes frangins. Et si tu n’étais pas là, je n’arriverais même pas à me gérer moi-même, finit-il entre deux sanglots.

    Je le serre fort dans mes bras et lui chuchote des mots doux pour le réconforter. Je n’aime pas voir les gens pleurer, ça me fend le cœur. Nous finissons par nous endormir lovés l’un contre l’autre.


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