• L'été où ma vie à basculée (chapitre 29)

    Août 2013, 4e semaine de vacances, Dimanche
     
                    Le lendemain matin, le réveil est un peu dur. Ma jumelle dort encore. En même temps, vu ses abus de la veille, ça ne m'étonne pas. Il y en a d'autres qui doivent aussi avoir mal aux cheveux ce matin. Je prends mon petit déjeuner avec mon chéri, puis nous décidons d'aller nous balader sur les sentiers côtiers. Alors que nous rentrons de notre balade aux alentours de onze heures, après avoir passé un moment en couple à la crique, nous apercevons le métis seul sur la plage. Il est assis sur le sable, le regard fixé sur l'horizon et il jette des cailloux dans l'eau.
    -          Il n'a pas l'air d'aller bien, remarque Florent.
    -          J'avoue, ... dis mon cœur, ça te dérange si je vais le voir, il est bizarre depuis vendredi.
    -          Pas de souci ma belle, j'avais la même idée que toi. Tu crois que je peux venir ?
    -          Bien sur mon cœur. Ça va lui montrer que tu ne lui en tiens pas rigueur.
    Nous descendons par un petit chemin tracé dans la dune et nous nous approchons du métis. Il ne bouge pas à notre arrivée. Nous attendons quelques minutes assis à côté de lui. Je suis entre les deux garçons. Sortant de ses pensées quelques instants plus tard, Zach se tourne enfin vers moi. Il me fixe, surpris par ma présence et par celle de Florent, sans doute encore plus. Puis il reporte son attention sur la mer et l'horizon, sans rien dire.
    -          Zach, qu'est-ce qu'il t'arrive ?, l'interrogé-je d'une voix douce pour qu'il se confie.
    -          Pourquoi tu me parles ? Je suis un monstre !
    -          Arrête ! Si c'est par rapport à vendredi, t'en fait pas, c'est oublié pour moi comme pour Flo. Ne te rends pas malade pour cette histoire.
    -          Camille a raison, c'est de l'histoire ancienne mec, passe à autre chose. On s'inquiète pour toi là.
    -          Je m'excuse, commence le métis la voix tremblante, vraiment je suis sincèrement désolé, je ne sais pas quoi faire pour me faire pardonner, et que ça sorte de ma tête.
    -          Pour te faire pardonner ? Arrête d'y penser, puisque c'est oublié, dis-je avec un sourire.
    -          Purée, mais je ne changerais jamais, soupire le métis avant de frapper dans le sable pour laisser éclater sa colère. ... J'ai toujours été un parfait salopard avec les filles, déclare-t-il en baissant la tête, ça m'énerve d'être comme ça !
    Il se met à pleurer. Je jette un regard à mon chéri. Lui aussi est étonné de voir le métis dans cet état-là.
    -          Ecoute-moi Zach, je ne dis rien sur ta vie d'avant, je ne la connais pas. Mais vendredi, quand Florent est arrivé puis aussi quand tu es reparti, j'ai vu dans ton regard un mec bien. Il est au fond de toi, il faut que tu le fasses remonter à la surface.
    Il me regarde avec un demi-sourire forcé. Florent me chuchote que je me débrouille très bien pour lui remonter le moral. Du coup, je poursuis.
    -          Sors de cette carapace, montre-toi sous ton vrai jour, personne ne te veux de mal, dis-je d'une voix calme pour le rassurer et le mettre en confiance.
    -          Tu parles, me dit-il après un soupir, aucune fille ne s'intéresse à moi, à croire que c'est écrit sur mon front ce putain de passé de merde !
    -          Si tu nous en disais un peu plus, nous pourrions peut-être t'aider, suggère Florent.
    Zacharie nous regarde, esquisse un sourire puis nous raconte ce qui lui est arrivé. Il dit qu'il se comporte ainsi, comme un bâtard, ce sont ses mots, depuis que sa première copine l'a pris pour un con et l'a humilié. Son histoire me fait penser à celle de ma jumelle en inversé. Même si, heureusement, ma sœur n'est pas devenue une garce.
    -          Moi, je peux t'assurer que depuis que tu es arrivé, il y a plus d'une fille qui t'a regardé. Mais si tu continues de penser que tu es un con ça ne va pas t'aider. Je suis certaine que d'ici à ce que tu repartes, tu auras une copine.
    -          J'aimerais te croire, me répond-t-il en esquissant un sourire.
    Tout à coup, un éclair traverse mon esprit. Depuis mercredi, ma sœur est vraiment étrange. Je regarde encore une fois Zach puis sort mon téléphone et vais sur facebook. Je regarde le profil de l'ex de Maëlle. La photo me frappe et je pense comprendre quelque chose. Pendant ce court laps de temps, Florent et Zach discutent ensemble. Il faut que je parle rapidement à ma frangine pour mettre cette histoire au clair ! Mon téléphone sonne. En voyant que ce sont mes parents, je m'excuse auprès des garçons et m'éloigne un peu avant de décrocher et de remonter la dune. Tout en parlant avec mes parents, j'observe mon chéri et le métis. Ils rient ensemble, et ça fait plaisir à voir. Puis je rentre manger. Le repas se passe dans un silence total ! Maëlle m'a clairement fait comprendre qu'elle est de mauvaise humeur et qu'elle ne veut pas parler. Je la connais dans ces moment-là, mieux vaut ne pas insister. Je suppose qu'elle n'a pas digéré ce qui s'est passé la veille en boite. Comme moi j'ai envie et besoin de lui parler, j'opte pour ma technique favorite. Je prends une grande feuille blanche et je lui dis tout ce que j'ai à lui dire. A la fin je mets qu'elle me répond quand elle veut et de la manière qu'elle préfère. Je me doutais qu'en faisant ainsi, elle me parlerait après avoir lu toute la feuille. En effet, sur le papier j'ai commencé par lui écrire ce qui s'est passé à la plage avant le repas, puis, que j'ai été sur facebook et que je pense savoir pourquoi elle bloque avec le métis mystérieux. Bien évidemment, je ne suis pas entrée dans les détails de la vie de Zach, libre à lui d'en parler à qui il veut. Maëlle me demande illico pourquoi je pense savoir. Je lui montre alors la photo de son ex, puis une de Zach que j'ai trouvée sur le réseau social également. Elle lève les yeux vers moi et reconnais que je suis tombée dans le mille. Je lui fais alors remarquer que ce n'est pas parce qu'ils sont tous les deux d'origine arabe et que physiquement ils se ressemblent, qu'ils ont le même caractère. Elle approuve ma pensée. Pour passer l'après-midi, nous décidons d'aller à la plage. Il fait très chaud aujourd'hui. Alors que nous étions installées depuis un bon moment sur le sable brulant, les parents nous ont rappelées, enfin ils ont appelé Maëlle plutôt. J'entendais parler d'une surprise mais je n'ai pas réussi à en savoir plus. En fin d'après-midi, Florent nous rejoint. Maëlle nous quitte rapidement, nous laissant en amoureux. Avec Flo nous rentrons aussi peu de temps après elle. Je reste discuter avec mon chéri devant ma tente. Et, au moment où il dépose un léger baiser sur mes lèvres, Nicolas passe dans l'allée. Le petit frère de mon chéri se racle la gorge. Je panique un peu, mais la blague qu'il me sort me rassure. Il a l'air content pour nous, ça me rassure. D'un coup, le portable de Nicolas sonne, c'est son père visiblement. De ce que je comprends, leur mère est toujours à l'hôpital. Nicolas passe son portable à son frère en lui demandant le sien pour joindre Gabriel. Nicolas appelle son frère avant d'écrire quelque chose avec le portable de Florent. Je me méfie un peu, il a une tête bizarre. Mon portable vibre. En lisant le sms, je panique totalement. Ça me fait penser aux sarcasmes des deux abrutis. En fait c'est Nicolas qui m'a envoyé un message avec le portable de Florent, en me disant qu'il a pris mon numéro et qu'il va pouvoir me charrier autant qu'il veut. Je sais parfaitement que ce n'est pas méchant, mais je ne peux m'empêcher de sangloter. Nicolas ne s'en rend pas compte, car trop heureux de sa petite blague, il s'est éclipsé dès que mon portable a vibré. Je ne veux rien dire à Florent, mais il vient juste de raccrocher et il voit mes larmes sur mes joues. Il regarde alors l'écran de mon téléphone que je tiens toujours dans mes mains et découvre le message de son petit frère. Il entre dans une colère noire. Il sort en furie de ma toile de tente et part à la recherche de Nicolas en embarquant mon téléphone. Ma sœur qui voit toute la scène me demande exactement ce qu'il s'est passé. Je lui explique. Au même moment, Florent repasse devant nous sans nous voir.
    -          Mais ce n'est pas possible, il est passé où ce p'tit con !, s'énerve-t-il.
    -          De qui tu parles, l'interroge Tristan qui l'entend alors qu'il passait par là.
    -          De mon abruti de petit frère !
    Je n'ai jamais entendu Florent parler de ses frères comme ça. Il est encore très énervé et après il va s'en vouloir. J'aimerais bien faire quelque chose mais je ne peux rien faire. Il ne sait même pas que je l'entends depuis ma tente parler avec son meilleur ami. J'essaye de sécher mes larmes mais c'est dur.
    -          Lequel, lui demande Tristan. Nico ?
    -          Oui, ce con, il a piqué le numéro de Camille dans mon portable et il l'emmerde avec des sms. Elle en pleure.
    -          Je vois, alors là ce n'est pas moi qui déteins sur lui ce sont plutôt Ludo et Jules. Mais ils le savent tes frères que tu sors avec Camille, l'interroge Tristan surpris.
    -          Nico nous a surpris tout à l'heure, Gab ne sait rien. Enfin sauf si Nico le lui a raconté.
    Florent raconte à Tristan ce qui s'est passé quelques minutes auparavant. Nous entendons tout avec ma jumelle puisqu'ils sont dans l'allée juste devant notre emplacement. A ce moment-là, Nicolas repasse par là par hasard, sans doute après avoir été voir Noémie sur son emplacement qui n'est, malheureusement, pas bien loin du mien. Florent l'attrape fermement par le bras. Les yeux de mon chéri lancent des éclairs. Je ne l'ai jamais vu comme ça. Heureusement que Tristan est là sinon Florent aurait, de colère, giflé Nicolas et s'en serait voulu à vie, je commence à le connaître.
    -          Flo, je t'assure que je ne pensais pas à mal, dit-il piteusement, c'était pour rire.
    -          Tu te rends compte ou pas ! Tes conneries c'est les mêmes que celles qu'elle supporte depuis un mois de la part de Jules et Ludo !
    -          Lâche-moi, que j'aille m'excuser. Je n'ai pas mesuré la portée de mon acte. Je te promets que ce n'était pas méchant.
    Au visage de mon chéri que j'aperçois, je devine qu'il s'en veut de s'être autant emporté. Nicolas arrive à ma hauteur.
    -          Je suis désolé Camille, vraiment c'était pour rire. Si j'avais su tout ça, je ne l'aurais pas fait.
    Le pauvre, il se sent vraiment mal.
    -          Excuses acceptées, dis-je. S'il n'y avait pas eu les deux abrutis, je l'aurais bien pris, mais là, c'était au-dessus de mes forces. C'est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase.
    -          Pardon Camille, je m'en veux de t'avoir fait pleurer, tu ne le mérites pas. Et puis Flo est si rancunier quand on fait des conneries avec Gab, qu'il va m'en vouloir pour longtemps. Il n'est pas près de me reparler.
    -          Ne t'inquiète pas, c'est déjà oublié. Et puis regarde ton frère, dis-je en le montrant aux côté de Tristan qui tente de le rassurer, crois-moi il ne va pas t'en vouloir. Regarde-le il s'en veut déjà de s'être autant emporté.
    Florent vient vers nous.
    -          Nico, excuse-moi, déclare Florent à son petit frère, j'y ai été un peu fort.
    -          Pas grave. Je comprends, c'est dans ta nature d'être protecteur. Avec moi, avec Gab, avec Camille ... Pas de doute, tu feras un parfait papa poule, finit-il en riant.
    Florent sourit. Tristan et Nicolas se tchèquent.
    -          Tu gères Nico, depuis le temps que je voulais le lui sortir le papa poule, t'as réussi en beauté mec !
    Tout le monde rit. L'incident est clos. Une fois que je suis seule avec mon chéri, je tente d'en savoir plus auprès de mon chéri pour ma surprise. Mais c'est peine perdue, il n'est pas plus bavard que ma sœur ou mes parents. Pourtant je sais qu'il est au courant. Il me dit que je peux tout tenter, il ne cédera pas et ne me dira rien.
    -          De toute façon, dans moins de 24h, tu sauras.
    -          Pas faux.
    Nous nous séparons pour diner, puis nous nous retrouvons ensuite à la crique des amoureux. 
     
     

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