• L'été où ma vie a basculée (chapitre 27)

    Août 2013, 4e semaine de vacances, Vendredi
     
                    Il est aux alentours de 8h lorsque nous ouvrons l'œil le lendemain matin. Le soleil, lui, est plus courageux que nous, il brille déjà de mille feux. Je serais bien restée plus longtemps à flemmarder avec mon adorable Florent, mais ma frangine en a décidé autrement. Alors que je discute avec mon chéri, Maëlle qui prenait son petit déjeuner dans la partie séjour de ma tente, décide de nous interrompre.
    -          Debout les amoureux, fini les chuchotements, lance-t-elle de façon joyeuse.
    -          Ma' t'abuses, dis-je en grognant.
    -          Hé, hé, faut bien que tu saches ce que ça fait d'avoir une sœur casse-pieds de temps en temps, dit-elle en riant, suivie par Florent.
    -          Ha, ha, ha, très drôle, dis-je en faisant semblant d'être vexée.
    Je me lève suivie de Florent. Nous prenons notre petit déjeuner tous les deux, puis il m'annonce qu'il a promis à ses frangins de passer la matinée avec eux et qu'à midi, leur père rentre. Je sais très bien ce que cela signifie : si leur père découvre certaines choses, comme le fait que Florent passe plus de temps avec moi qu'avec Nicolas et Gabriel ou encore que les deux plus jeunes ont pris une cuite mercredi soir ou encore que Nicolas a une copine et qu'il a passé au moins une nuit avec elle, alors il décidera qu'ils rentrent tous à Saint Brieuc. Je me rends bien compte que Florent est anxieux. Je l'embrasse tendrement dans le cou et je lui chuchote des mots doux. Il sourit, puis, après un chaste baiser, il retourne à son emplacement. Alors que mon chéri est parti depuis quelques instants, je reçois un appel de ma mère qui me demande si tout se passe bien avec ma sœur jumelle. Je la rassure et je lui explique qu'on s'entend bien même si hormis quelques répliques, nous ne nous rendons pas encore compte que nous sommes sœurs et non plus amies. Ma mère me répond que c'est normal. Au loin j'entends mon père qui essaye de dire quelque chose mais ma mère le coupe en disant que je ne dois pas entendre ... ça m'intrigue mais je ne dis rien. Ça me rappelle le jour où j'ai appris que j'aurais une surprise le 5 août et que ma mère parlait avec Florent. Après une petite réflexion tout en écoutant mes parents au téléphone, je me dis que le 5 août arrive bientôt. Mes parents raccrochent après m'avoir souhaité une bonne semaine. Aussitôt me téléphone se fait de nouveau entendre. C'est ma jumelle qui m'envoie un sms : « Mission club des cinq ce matin ! J Je ne vais pas aller à la plage avec toi ». Je souris tout en étant inquiète de ne pas savoir ce qu'elle mijote. De mon côté, je prépare mes affaires et me rends à la plage. La mer est calme. Je décide donc de faire quelques longueurs. Je me sens en forme ce matin, je nage plus longtemps que d'habitude. J'aime cette sensation d'être comme un poisson dans l'eau, portée par la mer. Je sors de l'eau après ma longue baignade et laisse ma peau sécher au soleil. La plage est très calme. C'est apaisant. Il y a juste le bruit du clapotis de l'eau qui tranche avec le paysage silencieux. Une bonne demi-heure plus tard, étant sèche, j'attrape mon petit cahier dans mon sac ainsi qu'un stylo et je poursuis l'écriture de ma fiction. Tout à coup, alors que je suis plongée dans mon histoire, quelqu'un arrive dans mon dos. Ce ne peut être mon chéri puisqu'il est avec ses frères, et sans doute son père vu l'heure qu'il est. Je me retourne et découvre Zacharie. Je me recule, surprise de le voir ici, et surtout tout seul ... Aussitôt, je pense au message de ma jumelle et me dis que la présence du métis n'annonce rien de bon. Rien de bon effectivement, mais je n'imaginais pas ce qui s'est passé par la suite ...
    -          Salut belle Camille, ça va ?
    -          Très bien et toi ? Qu'est-ce qui t'amène par ici tout seul ?
    -          Je me promenais et j'avais envie de te parler, alors j'ai trouvé le moment idéal.
    -          Idéal pour me dire quoi ?, lui demandé-je méfiante, trouvant son attitude suspecte.
    Il est assis à côté de moi depuis le début. Il se rapproche. Un peu trop à mon goût.
    -          Tu sais que t'es jolie miss Camille, me dit-il d'une voix sensuelle.
    -          Merci pour le compliment, répond-je mal à l'aise.
    Sans doute mis en confiance par ma réponse, il se colle à moi et tente de m'embrasser !
    -          Non mais ça ne va pas la tête !, m'écrié-je.
    -          Quoi ? Ose me dire que tu ne me trouves pas beau !
    -          Non ais je rêve !, continué-je en parlant fort. Ok tu n'es pas moche mais pourquoi je te le dirais vu que tu as l'air de bien le savoir. Sache tout de même que j'ai un copain que j'adore, alors tiens-toi à carreaux !
    -          Je ne savais pas, me déclare-t-il d'une voix désolée. M'enfin tu sais, sexfriend, je ne suis pas contre, ... dit-il en se mordant la lèvre inférieure.
    Je crois halluciner en le voyant réagir ainsi.
    -          J'ai un copain je t'ai dit ! Ce n'est pas assez clair comme réponse ? Et je suis heureuse avec lui, donc je ne vois pas pourquoi j'irais voir ailleurs ! En plus sexfriend je trouve ça complètement crétin et immoral !
    -          Oh ça va, ne t'énerve pas ! J'oublie ...
    Puis son visage change d'un coup, comme s'il se réveillait et devenait quelqu'un d'autre ou redevenait lui-même, je ne le connais pas assez pour savoir ... son attitude m'interpelle.
    -          Je ne suis qu'un con dit-il pour lui-même, mais je l'entends murmurer.
    Au même moment, mon adorable Florent arrive.
    -          Ça va ma belle ?
    -          Tout baigne mon ange, déclaré-je en souriant.
    -          Je n'avais pas l'impression pourtant, dit-il en glissant un regard suspicieux vers Zacharie.
    -          Ne t'en fais pas, c'est réglé mon cœur, dis-je avant de déposer un léger baiser sur ses lèvres.
    Zacharie fait une tête de trois kilomètres de long lorsqu'il nous voit ainsi. Il n'avait visiblement pas capté que c'est de Florent que je parlais. Je comprends également à son expression qu'il ne m'a pas crue lorsque je lui ai dit que j'ai un copain, qu'il a pensé que c'était une excuse de ma part pour le faire taire. Son regard change à nouveau ... il s'attriste, s'assombrit. Le métis s'éloigne les épaule basse sans une parole. Mais à peine a-t-il fait quelques pas que Florent le met en garde.
    -          Ne t'avise pas de retoucher à ma copine !
    -          Ne t'en fais pas pour ça ce n'est pas mon genre, je ne sais pas ce qu'il m'a pris, dit-il sans se retourner avant de filer vers le camping.
    S'il s'était retourné, je suis quasiment sûre que j'aurais pu voir des larmes sur son visage, cela se sentait dans sa voix.  La réaction de Florent me fait rire. J'aime quand il est protecteur comme cela en vers moi. Nous nous allongeons sur ma serviette, au soleil. Je lui raconte tout ce qu'il s'est passé. Il m'explique qu'il a vu une partie de ce qui s'est déroulé depuis la dune. Il m'avoue même avoir eu peur.
    -          Non mais tu crois quoi ?!, lui dis-je légèrement offusquée, je ne suis pas capable de te tromper mon amour, et contrairement à ce que tu as l'air de croire, tu es bien plus beau que lui, à mes yeux en tout cas.
    -          Tu ne m'a pas l'air de lui en vouloir, dit-il étonné.
    -          Au début si, mais la tête qu'il a faite quand il t'as vu et quand il est parti me font comprendre qu'il ne savait vraiment pas qu'on est ensemble, et qu'il regrette vraiment son attitude. A un moment c'est comme si j'avais vu sa vraie nature transpercer et j'ai vu qu'il s'en voulait beaucoup d'avoir agi ainsi. Je pense qu'il se construit une carapace pour se protéger et j'ai de la peine pour le gens qui réagissent ainsi parce que ça veut dire qu'ils ont des problèmes.
    -          J'avoue aussi avoir eu cette impression, moi aussi, quand il est parti.
    -          Tu me cherchais tout à l'heure ?
    -          Pas vraiment, ...
    Florent se met à me raconter pourquoi il s'est trouvé sur la dune. Son père est rentré et il a ramené de mauvaises nouvelles pour sa mère. Florent est inquiet pour ses frères car leur père est très désagréable avec eux en général. Et, il m'avoue qu'il a l'impression que son père attend que leur mère soir partie avec impatience pour leur en faire baver à lui et à ses frères, car habituellement leur mère les défend toujours. Il me raconte que son père n'a jamais été très présent, que lorsqu'il est là, il ne fait que crier sur eux, et que ça lui ait déjà arrivé trois ou quatre fois d'être violent avec Nicolas et Gabriel, et que c'est beaucoup lui qui s'est occupé de ses frères bien qu'il n'y ait pas un grand écart d'âge pour éviter trop de tracas à sa mère. Entendre son histoire me fait vraiment de la peine, et je suis contente tout de même qu'il m'en parle, car je sais que ça prouve qu'il me fait confiance et qu'il a besoin de moi. Je le réconforte en le prenant dans mes bras. Nous rentrons ensuite au camping, et je vais prendre ma douche. En arrivant aux sanitaires, je surprends une conversation entre le métis et ses potes. Ces derniers se demandent où il était passé dans la matinée. Zach ne leur raconte pas. Il leur avoue juste m'avoir croisée à la plage. Ses amis rient, mais il le prend mal. Il va pour partir mais en se retournant, il me voit. Je lui souris pour lui montrer que je ne lui en veux pas de leur avoir dit ça. Ses potes se moquent encore plus de lui. Hugo insiste lourdement en sous entendant que nous nous sommes embrassés ou autre choses du même style. Zach le prend vraiment très mal. Il entre dans une cabine de douche qui vient de se libérer et claque la porte en leur disant :
    -          Vous m'emmerdez !
    Hugo continue d'insister. Je lui cloue le bec en lui disant que j'ai un copain. Il ricane et me dit que ça n'empêche pas. Je lui réplique que j'ai une conscience, une morale, contrairement à lui. Il me déclare qu'avant la fin de la journée, il peut me faire craquer. Mais c'est qu'il commence à m'insupporter sérieusement l'espèce de bouclé ! De colère je lui assène une gifle monumentale et lui dit qu'il n'est qu'un gros pervers en manque. Puis j'entre moi aussi dans une cabine de douche en claquant la porte. Bien que la porte soit fermée, j'entends ma jumelle qui se moque u bouclé. Je suppose donc qu'elle a dû voir toute la scène en arrivant derrière moi sans que je ne la voie. Une bonne dizaine de minutes plus tard, j'entends une porte s'ouvrir avec violence puis la voix de ma jumelle, qui doit encore attendre qu'une douche se libère. A ce qu'elle dit je comprends que c'est el métis qui vient de sortir et qui n'est toujours pas calmé. Elle lui raconte ce qu'elle a vu. J'entends le bouclé protesté depuis sa douche. Moi je suis prête mais toujours énervée et pour être certaine de ne pas croiser le mouton, je reste dans ma douche. J'en ai les larmes aux yeux. Un bon quart d'heure plus tard, quand je sors enfin de ma douche, il n'y a plus personne que je connais, à part ma frangine qui m'attend. Elle veut savoir ce qu'il s'est passé ce matin. Je lui raconte alors que nous retournons vers notre emplacement. Elle grimace. Je vois très bien dans sa réaction que l'attitude de Zach la dérange fortement. Après le déjeuner, je reste un peu sous ma tente à écrire ma fiction. J'ai besoin de me vider la tête. Ma frangine me dit qu'elle part à la plage. Un peu plus tard, en levant le nez de mon cahier, je vois Nicolas et Noémie qui passent dans l'allée en se tenant par la main. J'en déduis que son père doit être reparti ou bien occupé, sinon jamais il ne prendrait le risque de se faire surprendre. J'en déduis que j'ai une chance de voir mon chéri à la plage. Du coup je me lève, prends mes affaire et file m'allonger sur le sable chaud. Lorsque j'arrive sur la dune, je suis triste et étonnée de ne voir personne que je connais. Je descends l'escalier puis m'installe et m'allonge sur le dos. Après avoir envoyé un message à ma sœur « Alors la mission club des cinq ? », je ferme les yeux et tente de me reposer. Une bonne demi-heure plus tard, Florent me rejoint. Il a sa tête des mauvais jours, cela m'inquiète. Il m'explique qu'au vu de l'état de santé de sa mère, elle ne pourra pas revenir au camping et son père non plus.
    -          Ah je suis désolée. Ça veut dire que tu pars, lui demandé-je la voix tremblotante.
    -       Non, la bonne nouvelle, c'est que je reste jusqu'à la fin du mois d'août comme prévu, me dit-il en souriant.
    -          Youpi ! m'exclamé-je avant de l'embrasser.
    Il me serre dans ses bras en me chuchotant que le moment de se séparer arrivera bien un jour. Sa phrase me fait coule rune larme, bien que je sache qu'il a raison. Il essuie la larme sur ma joue. Il ajoute ensuite que sa maman ne pourra sans doute pas rentrer chez eux si son état ne s'améliore pas et qu'elle devra rester dans un milieu aseptisé, donc un hôpital. A son tour il laisse tomber une larme que j'essuie avec douceur. Enlacés, dans notre bulle, nous n'entendons pas les pas qui se rapprochent de nous.
    -          Salut les amoureux, lance Maëlle toute joyeuse.
    Elle installe sa serviette à côté de la mienne. Avec Florent, nous nous écartons un peu pour ne pas que si d'autres personnes arrivent, elles ne comprennent que nous sommes ensembles, surtout si ce sont les frères de Flo. Et justement, peu de temps après les autres arrivent. Lucas met sa serviette à côté de celle de ma frangine. Tristan, lui se met en dessous de Florent, Gabriel va à côté de son frère et Nicolas se pose à côté de Tristan en dessous de son frangin. Le métis installe sa serviette sous celle de ma sœur, le blond se met en dessous de la mienne, entre Tristan et Zach. Léo qui arrive un peu après suivi, à mon plus grand désespoir du bouclé, s'installe à côté du métis et le mouton se met après encore. Les discussions vont de bon train mais je ne suis pas très à l'aise à cause de la présence de Nicolas et Gabriel. Le premier se trouve bientôt occupé par l'arrive de la pétasse, j'ai nommé Noémie, qui se pose à côté de lui. Je profite de cette arrivée pour aller me baigner. Personne ne me suit, j'en suis étonnée. En même temps ça tombe bien, j'ai envie d'être un peu seule. Je fais quelques longueurs. Ça me détends et vu le début de la journée, j'en ai bien besoin ! lorsque je retourne m'allonger sur ma serviette, Nolan propose de se retrouver tous sur la plage le soir. Snas savoir pourquoi je ne suis pas trop partante. Noémie dit que ses parents ne veulent plus qu'elle sorte le soir. Florent dit qu'il n'a pas trop la tête à ça. Et le métis, lui, sans dire non, ne paraît pas très enthousiaste. Les autres sont partants. Aux alentours de 19h, alors que je ne suis toujours pas décidée à aller sur la plage avec les autres, ma sœur en décide autrement. C'est qu'elle est tenace quand elle s'y met ! Elle me sort des fringues et m'ordonne de venir manger avant d'y aller. Ça m'angoisse tellement d'y aller que j'en ai l'appétit coupé. Elle insiste. Lorsque nous arrivons à la plage, Florent fait la même tête que moi, j'en déduis que ses frangins ou Tristan l'ont forcé à venir, lui aussi.
    -          Je vous laisse discuter entre gens déprimés, nous lance ma sœur avec un clin d'œil avant d'aller voir le club des cinq, enfin plus particulièrement Lucas et Zach.
    Nous lui sourions mais ne restons pas seuls très longtemps car Nicolas et Tristan se pointent et se moquent de nous en voyant que nous avons tous les deux été obligés de venir. Tristan commence même à dire que c'est marrant que ça soit tombé sur nous deux. Florent l'arrête d'un regard noir, avant qu'il ne dise que c'est parce que nous sommes ensemble. Moi je regarde ailleurs, faisant mine de surveiller ma frangine, juste pour que Nicolas ne comprenne pas. Avec lui vaut mieux être vigilent parce qu'il est rusé. Il ne faudrait pas qu'il découvre la vérité, en tout cas pas maintenant. Au loin ma jumelle est toute souriante en train de discuter avec Lucas. Ça me fait plaisir de la voir heureuse. Le club des cinq se met ensuite à chanter, accompagné par la guitare de Nolan. Vers 23h, j'en ai vraiment assez d'être là. Le métis le remarque.
    -          On est deux, me dit-il.
    -          C'est un miracle que je sois restée aussi longtemps.
    -          Heureusement que tu es restée, tu ne nous aurais pas entendu chanter sinon, me dit-il en souriant.
    Un beau sourire d'ailleurs. Je souris à mon tour.
    -        D'habitude, j'adore ce genre de soirée, mais ce soir ça me gave. De toute façon tout m'agace aujourd'hui, à commencer par moi-même.
    -          Pourquoi ?
    -          J'en sais trop rien ... je te laisse, je vais rentrer.
    -          Moi aussi, réponds-je en voyant Florent arriver.
    -          On y va miss, me demande mon chéri.
    -          C'est parti mon cœur, dis-je en souriant.
    Nous passons le reste de la soirée au calme dans ma tente, blottis l'un contre l'autre. J'adore être dans ses bras. Ça m'apaise. Nous nous endormons, allongés l'un contre l'autre. Dans le milieu de la nuit, je me réveille. J'entends des bruits au loin, comme des paroles à voix basse. Puis les voix se rapprochent et je les distingue bien que ce soit des chuchotements. Il y a la voix de ma jumelle. Et, incompréhension totale : celle de Zach ! Je croyais qu'il était rentré juste avant moi lui ? Je me promets de demander des explications à Maëlle le lendemain matin. 
     
     

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