• L'été où ma vie a basculée (chapitre 18)

     

     
     CHAPITRE 18
    Juillet 2013, 3e semaine de vacances, Mercredi
     

         Au réveil, je me sens mal, je pense à Maëlle. Avant, n'importe qui aurait pu dire qu'entre nous deux c'est elle qui a le mental le plus fort. Aujourd'hui, je m'aperçois que ce n'est pas vrai. Et si elle a une multitude de potes, des vrais amis sur lesquels elle peut compter, elle n'en a pas vraiment. Je prends mon petit déjeuner avec mes parents, puis je vais à la douche avant d'aller bronzer sur la plage. J'attends mon adorable petit ami à la petite crique, même si ce n'est pas l'endroit le plus ensoleillé à cette heure-ci. Mais au moins à cet endroit-là, nous sommes tranquilles. Allongés l'un contre l'autre, nous parlons. La mer est déjà assez haute pour se baigner à cet endroit. Mais je n'avais pas prévu de me baigner. Manque de chance pour moi, Florent en a décidé autrement. Il m'attrape et me porte en sac à patate jusqu'à l'eau puis se jette dans la flotte tout en me tenant dans les bras. Moi qui avais pris ma douche, je peux recommencer !
    -        Je te déteste, dis-je en riant alors que je sors de l'eau.
    -        Même quand je fais ça, dit-il avant de m'embrasser avec tendresse et passion à la fois.
    -       Rectification, dis-je après avoir mis fin au baiser, je te déteste quand tu me jettes à l'eau.
    -       Je préfère ça mon c½ur, me répond-t-il en souriant.
    Alors qu'il passe sa main autours de ma taille, des frissons me parcourent le corps. Comme lorsqu'il m'a prise dans les bras pour me jeter à l'eau tout à l'heure. Petit à petit, le soleil arrive au-dessus de nous. Florent se propose de me mettre de la crème solaire dans le dos. Ce que j'accepte avec grand plaisir ! Comme à chaque fois, cela ressemble plus à un massage. Ce qui n'est pas pour me déplaire, bien évidemment. Ensuite, à mon tour, je lui mets de la crème. Il a l'air surpris par mon geste. Moi aussi j'en profite pour lui masser le dos. Il ne met jamais de crème, et même s'il a la peau mate et déjà bronzée, ce n'est pas raisonnable. Mais je viens de comprendre qu'il préfère quand c'est moi qui la lui mets. Nous restons un moment allongés l'un à côté de l'autre. Collés l'un à l'autre devrais-je même dire. Flo a sa main dans mon dos ce qui me provoque d'agréables picotements. Puis à mon grand regret, nous devons rentrer au camping. Lui parce qu'il doit manger avec ses parents avant d'aller passer l'après-midi à Auray. Moi, pour manger puis discuter avec mes parents, comme ils l'ont prévu. Après un long baiser langoureux, nous nous séparons. Lorsque j'arrive à ma tente, mes parents ne sont pas encore là. Du coup, je décide d'aller à la douche. Aux sanitaires, je croise les trois imbéciles sans cervelle qui me demandent si je n'ai pas vu Florent. Ils l'ont apparemment cherché toute la matinée. Je leur réponds que je ne l'ai pas vu non plus. Au moment où j'entre dans ma douche, Florent apparaît pour faire la sienne aussi. Ses amis le harcèlent de questions mais il ne dit rien. Il entre dans la douche à côté de la mienne. Une fois que ses potes sont éloignés, il me dit à voix basse à travers la cloison qu'il aurait bien aimé prendre sa douche avec moi. Je suis étonnée de sa proposition. Déçu que je ne réagisse pas, il me demande si je trouve cette idée romantique.
    -          Romantique à fond mon chéri, lui dis-je sincèrement, même si au fond de moi je ne me sens pas prête pour ce genre de choses.
    -          Une prochaine fois alors ?
    -          Si tu veux mon ange.
    Oui je sais je n'aurais pas dû lui répondre ça. Mais ça me gêne un peu de parler de ce genre de choses alors j'ai préféré couper court à la conversation. Nous sortons de la douche en même temps. Nous nous embrassons vite fait pour que personne ne nous voie, puis nous retournons chacun vers notre emplacement. Puisque mes parents ne sont toujours pas rentrés, je commence à mettre la table et à préparer le repas. Quelques instants après que j'ai tout fini, ils arrivent. Nous nous mettons donc à table. Tout en mangeant, nous parlons de notre nouvelle vie à quatre qui va bientôt commencer. Enfin, à cinq parce qu'il ne faut pas oublier notre petit chat qui s'appelle Vanille. Pendant que mes parents nettoient un peu la tente, je vais faire la vaisselle. Lorsque j'arrive aux éviers, Florent y est déjà. Mais sa mère étant là, nous ne pouvons pas nous embrasser. Du coup, nous nous lançons deux ou trois regards et il me balance de la mousse une fois avant que nous ne finissions chacun notre vaisselle bien sagement. Quand je retourne à la tente, comme la veille, mes parents ont étalé sur la table tout un tas de documents qui font tous plus peur les uns que les autres. Je me dépêche d'essuyer ma vaisselle. Cette fois-ci je pressens que je vais vraiment être surprise par ce qu'ils vont m'annoncer. Alors que je m'assois à la table, je jette un coup d'½il discret aux papiers. Certains attirent mon regard plus que d'autres. Ils portent le signe d'une riche famille d'autrefois, très influente dans la région. Je lance un regard emplis d'incompréhension à mes parents. Aussitôt, ils m'expliquent que nous faisons partis de cette famille de par mon père ... Y a un an, j'apprenais que par mon arrière-grand-mère maternelle, j'ai des origines algériennes ! Désormais je ne m'étonne plus de rien ! En résumé, cette histoire de riche famille d'antan fait que mes parents vont percevoir une rente mensuelle à vie de 7 000¤. Je n'en crois pas mes oreilles ! Ils m'expliquent qu'en réalité, la rente est de 21 000¤ mensuels mais qu'ils signer devant notaire pour que Maëlle et moi en recevions dès à présent un tiers chacun, pour nous éviter plus tard de payer des droits de succession pharamineux. Mon père ajoute qu'à leur décès nous percevront de droit chacune 10 500¤ mensuels sans avoir à faire aucunes démarches. Je suis un peu sonnée par tout ça. La chance me diraient certains. D'autres me diraient « La Belle vie » ou encore « plus besoin de travailler ou de faire des études ». Moi, au contraire, rien du tout de tout cela. Ma première pensée a été de cacher cette information des gens afin qu'on ne profite pas de moi ou que l'on ne change pas d'avis sur moi. Je suis sérieuse comme toujours. D'ailleurs en apprenant cette nouvelle, je n'ai pas du tout l'intention d'abandonner mes études ou de ne pas travailler. J'ai jamais été dépensière et je n'ai pas l'intention de le devenir sous prétexte que 7 000¤ tombent tous les mois, tout crus, sur mon compte en banque ! Avec tout ça, moi je vous dis comment apprendre une deuxième fois en une semaine et demie que votre vie bascule ! J'imagine que ma jumelle va aussi être mise au courant. Je demande donc à mes parents. Ils me répondent qu'elle doit l'apprendre aujourd'hui même par ses parents, ex-parents comme elle dit si bien. Apparemment, ses ex-parents lui ont demandé de rester toute la journée chez eux pour discuter de tout ça. La pauvre, me dis-je aussitôt. Pour finir cette discussion, mes parents m'expliquent qu'ils auraient dû toucher cette somme depuis deux ans déjà, s'il n'y avait pas eu d'erreur administrative à la mort d'un vieux monsieur. Ils viennent donc de les percevoir en une seule fois, accompagné d'un dédommagement de 50 000¤. Le tout non imposable. Du coup avec la somme d'argent conséquente qu'ils viennent de recevoir, une grande partie a servi à rembourser le prêt pour l'appartement de Maëlle. Ils ajoutent mine de rien qu'une infime partie va servir pour me faire une surprise et participer à l'intégration de ma jumelle dans sa nouvelle vie. Je me doute donc que cette somme doit déjà être importante par rapport à nos dépenses habituelles mais infime par rapport à ce qu'ils viennent de recevoir. Mais, malgré mes questions, ils ne veulent rien me dire de plus sur la petite surprise qu'il me prépare. Ma jumelle en saurait même plus que moi à ce sujet, à en croire mes parents. Tout ce que je sais c'est que la surprise commencera le 5 août et se terminera le 25 du même mois, soit le jour où je repars. Puis ils me disent que je suis libre pour le reste de la journée. Je vais aux toilettes et lorsque j'en reviens, j'ai la stupeur de voir ma mère et Florent discuter et rire ensemble ! Non mais j'hallucine là ! Lorsque j'arrive à leur hauteur, ils finissent leur discussion. Ma mère à ce regard qui signifie que je n'en saurais rien.
    -         A plus Camille, me lance Florent en retournant vers son emplacement.
    -         Dis-moi ma chérie, il a l'air de beaucoup tenir à toi ce jeune homme.
    -         Nous nous entendons bien c'est vrai. C'est un ami sur lequel je peux vraiment compter.
    -       C'est bien d'avoir des amis sur lequel on peut vraiment compter. En plus il a l'air bien éduqué ce garçon, finit ma mère avec un petit air entendu que je n'apprécie guère en général.
    -        Maman ! fais-je en faisant semblant d'être offusquée alors qu'intérieurement je suis contente qu'il lui plaise et qu'elle veuille me caser avec lui. Au fait tu lui parlais de quoi ?
    -        C'est bien d'essayer ma chérie mais tu n'en sauras rien du tout.
    A ce moment-là, je me dis que c'est tout de même le comble que ma mère parle avec mon copain sans que je ne sache de quoi il en retourne. Mais je n'insiste pas, je sais que c'est peine perdue. Ensuite, je vais à la plage, je me baigne, puis m'allonge pour bronzer. Florent me rejoint. Nous nous allongeons côte à côte. Mais au loin, ses trois abrutis de copains le cherchent. Du coup nous cachons toutes ses affaires dans mon sac et filons dans l'eau en priant pour qu'ils ne nous y repèrent pas. Heureusement pour nous, ils y a plein de monde à la flotte par cette chaleur. Comme nous l'espérerions, les trois idiots passent devant ma serviette sans se douter de rien. Une fois le danger écarté, nous retournons nous allonger serrés l'n contre l'autre sur ma serviette de plage. J'avoue que nous n'avons jamais été aussi proches et ça me fait de l'effet ... Il le remarque très bien, mais ne dit rien et se contente de sourire. Une bonne demi-heure plus tard, nous rentrons au camping et allons à la douche, mais en séparé pour ne pas se faire remarquer. Puis je mange avec mes parents avant d'aller en voiture avec mes parents au port pour les danses bretonnes. Nous y arrivons pile au début. Florent me rejoint aux alentours de 22h juste au moment où mes parents repartent. Ma mère le vois et est rassurée de savoir que je ne vais pas être seule pour rentrer. Son sourire en dit long sur qu'elle pense. Mais bon je préfère que nous soyons discrets car mon père ne doit surtout pas le savoir. Pour lui les études, les diplômes et le travail avant les histoires de c½ur. Je suis tout de même rassurée de savoir que ma mère l'apprécie. Mais c'est dommage car du coup mon chéri se prive des danses bretonnes alors qu'il aime bien ça. Dès que les danses de salon s'arrêtent au profit d'un madison il me rejoint et danse à mes côtés. Pour ma plus grande joie, bien évidemment. Puis nous nous déhanchons sur des musiques actuelles ou des années 80. Mais les danses avec chorégraphies, je n'y arrive pas. Ce qui fait sourire Flo qui lui ne se débrouille pas trop mal. Mais ce n'est pas si grave, je vais me rattraper quand Maëlle sera là. Elle les connait quasiment toutes. Nous restons jusqu'à la fin de la soirée, soit minuit. Pour finir, le DJ passe un slow. Vu que les potes de Flo sont partis, nous en profitons pour danser cette dernière danse ensemble, amoureusement. Pour moi, c'est la première fois que j'en danse un. C'est un moment magique qui restera gravé dans ma mémoire à jamais ! Tout comme mon premier baiser avec Flo. En rentrant au camping à pieds, nous décidons de passer par la dune. Le reflet de la lune sur l'eau est juste magnifique. Mais aujourd'hui, on n'aurait sans doute pas dû passer par là. Pourquoi parce que ce que je vois en ce moment même me fait horriblement mal au c½ur ! Florent me dit qu'au contraire il vaut mieux qu'on le voit tout de suite, pour que ça s'arrête. En passant par la plage, nous voyons donc Mario sur la dune. Il embrasse une grande blonde aux formes pulpeuses, tout droit sortie d'un magazine people. Mon sang ne fait qu'un tour. Je prends une photo avec mon portable. Le flash les éblouis. Mario pique un fard en disant que nous sommes dégueulasses de faire ça. Florent, tout en restant calme, lui demande qui est le plus dégueulasse. Mario s'énerve encore plus. Il me demande d'effacer la photo de mon portable. Ce que je m'empresse de faire. Mais ce qu'il ne sait pas c'est qu'elle est juste supprimée de mon portable, pas de ma carte mémoire, et que je l'ai déjà envoyée à Melinda. Aussitôt mon amie me demande paniquée si c'est une blague. Je lui réponds que je ne plaisante pas avec ce genre de choses. Du coup elle envoie la photo à Mario. Il s'énerve encore plus ! On croirait qu'il va exploser et je dois avouer que j'ai peur de lui. Heureusement qu'il y a Flo avec moi sinon je me serais carapatée en vitesse. Il comprend que c'est foutu avec Melinda. Il semble triste, non mais il croyait quoi lui ?! Au final il s'en va, la blonde à son bras. Cette dernière est rayonnante. Moi je me sens mal. Florent passe son bras autours de mes épaules et me chuchote que j'ai parfaitement joué mon rôle d'amie. Il me chuchote des mots doux pour me rassurer. Melinda m'envoie un sms pour me remercier de le lui avoir dit. Je lui réponds que c'est normal. Après cette soirée mouvementée, je vais me coucher, épuisée. Je m'endors aussitôt.
     
     
    Le petit mot de l'auteure :
    - Votre avis sur cette partie ? La longueur ?
    - Le petit moment Camille-Florent à la plage ?
    - Florent qui souhaite que leur relation évolue, la mini-discussion aux douches ?
    - La discussion entre Camille et ses parents ? Nouveau bouleversement ! 
    - La maman de Camille qui apprécie beaucoup Florent ? 
    - Camille et Florent qui rusent pour ne pas que les abrutis les voient ? 
    - Camille et Florent qui dansent leur premier slow, mignon non ?
    - La rencontre avec Mario sur les dunes, vous le pensiez méchant et capable de faire ça à Melinda ?
     
    A bientôt pour la suite :) 

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