• L'été où ma vie a basculée (chapitre 17)


     
     CHAPITRE 17
    Juillet 2013, 3e semaine de vacances, Mardi
     

                 Le lendemain matin, je me réveille de mauvaise humeur. Pourquoi ? Parce que cet après-midi, je dois parler avec mes parents. Aussitôt levés, mes parents se dépêchent d'aller au marché. Je les suis mais ne le fais pas avec eux. Puis je rentre et vais à la plage. J'y peaufine mon hâle doré. J'aperçois Florent et ses copains, mais je ne vais pas les saluer car je n'ai pas envie qu'ils soient au courant pour Florent et moi. Vers 13 heures, je rentre à la toile de tente, prépare la table pendant que ma maman fait la cuisine. L'ambiance est lourde, étouffant même ! Le repas est rapidement expédié. Il se déroule sans une parole et je sens bien qu'ils ont envie d'aborder le sujet rapidement. Je me propose pour faire la vaisselle. C'est le seul moment de la journée où je vais être tranquille alors j'en profite. Je prends d'ailleurs tout mon temps. Lorsque je rentre à la tente, mes parents ont étalé beaucoup de papiers sur la table. Tout cela me donnerait presque la nausée. Une fois la vaisselle rangée, ils me demandent de m'asseoir. Ils m'expliquent que c'est  cause de cette histoire qu'ils ont dû partir toute la semaine précédente. Mon père ajoute qu'ils vont repartir toute la semaine prochaine et sans doute plus longtemps. Je grimace. Je l'avais bien dit que cet été, je le pressentais mal. Ma mère me rassure en disant que dans tous les cas je resterais les sept semaines comme c'était prévu. Je me sens déjà mieux. Enfin, un peu mieux. Puis ça devient barbant. Le blabla administratif, juridique, je ne l'écoute que d'une oreille. Ils m'expliquent ensuite que Maëlle sera sous leur responsabilité officiellement à partir du 15 septembre, mais qu'il serait souhaitable qu'elle vienne vivre avec nous avant. Alors ça, ça me fait rire ! Je leur réexplique que nous nous connaissons très bien. Ils soupirent. Ils me disent qu'ils ont acheté un deuxième appartement pour ma s½ur jumelle dans le même immeuble que là où se trouve le mien. Oubliant quelques instants la situation dans laquelle nous nous trouvons, la perspective d'habiter à côté d'elle me réjouit énormément. Mais, revenant à la réalité, je leur demande comment ils ont faits, vu qu'à ma connaissance, nous ne sommes pas de gros riches. Je suis intriguée. Aussitôt ils semblent contrariés par ma question. Ils me répondent que cela fera l'objet d'une autre discussion. Je sais déjà ce qu'il m'attend le lendemain. Et j'ai l'intime conviction que je vais encore être surprise et bouleversée. Après nous parlons un peu moins sérieusement. Je leur demande si cela les dérange que je discute avec Maëlle tant que tout n'est pas en règle. Ils m'assurent que non. Cela m'arrange car même dans le cas contraire, je n'aurais pas arrêté de lui parler. Je m'attendais vraiment à une discussion plus enquiquinante. Et je suis très étonnée qu'ils ne me parlent pas de restrictions budgétaires. Ok, nous ne sommes pas pauvres mais quand même. D'ailleurs, en parlant d'argent, je suis sûre qu'ils me cachent quelque chose ! Je me suis aussi rendue compte que si au niveau administratif ils gèrent parfaitement la situation, en réalité ils appréhendent énormément la venue de Maëlle dans la famille. Et ça se comprend tout à fait. Moi aussi j'appréhende beaucoup mais plus par rapport à la rentrée. D'ailleurs cela serait pas mal si j'avais le courage d'en parler à mes amis. Depuis que je suis au courant de cette histoire, je les délaisse un peu, les pauvres. Pendant que je suis dans mes pensées, mes parents sont au téléphone. Visiblement avec les parents de Maëlle, enfin « ex-parents » comme elle dit si bien. Après un sms de sa part, mes pensées sont confirmées. Vu que mes parents ne semblent pas avoir besoin de moi, je m'éclipse de la tente. Je vais à la plage après avoir attrapé mon sac e plage. Je demande à Maëlle par sms si cela la dérange que j'en parle à mes amis. J'insiste sur le fait que si cela l'embête il faut qu'elle me le dise. Elle m'assure que non. Du coup, j'envoie un long message d'explications (depuis l'annonce de la nouvelle jusqu'à aujourd'hui) sans oublier ma relation avec Maëlle avant cette histoire. J'envoie ce texto à Sophie, Kevin, Debora, Morgane, Marine, et Louise. Vu l'heure avancée de l'après-midi, je retourne à la tente pour préparer à manger. Dans la soirée, je retourne à la plage. Florent est je ne sais où, à mon grand désespoir. Louise me téléphone suite à mon message. Elle est choquée et se demande comment je peux le prendre aussi bien. Je lui explique que c'est parce que Maëlle est l'une de mes meilleures amies et que je la connais bien. Mais aussi parce que lors de l'annonce une de mes amies était avec moi, et qu'elle m'a beaucoup soutenue. Je lui avoue aussi que je survie grâce à Florent. Elle me demande qui c'est. Je lui explique que nous sommes devenus amis avant de sortir ensemble. Nous discutons un moment puis nous raccrochons. Juste après, mon portable sonne de nouveau. Je suis très étonnée en voyant le nom de l'expéditrice. C'est une copine de la patinoire, mais habituellement nous ne communiquons presque pas pendant les vacances. Elle me demande si j'ai des nouvelles de Maëlle car elle essaye de la joindre mais sans jamais y parvenir. Je lui réponds que j'en ai pas et appelle aussitôt ma jumelle. Visiblement, je dérange. Elle est avec un mec de la patinoire avec qui elle s'entend bien depuis de nombreuses années.  Ce qui est curieux c'est que je croyais qu'ils étaient fâchés et qu'ils ne se voyaient plus en dehors de la patinoire. A moins que ... Bref ! Je lui explique que Maude, notre copine de la patinoire, m'a demandé de ses nouvelles parce qu'elle n'arrive pas à en avoir. Maëlle met quelques instants avant de me répondre et si elle était en face de moi je suis persuadée qu'elle baisserait la tête.
    -          J'avoue que j'ai fait exprès de ne pas lui répondre. J'ai peur qu'elle s'aperçoive de quelque chose, et puis pipelette comme elle est, toute la patinoire serait au courant.
    -          Je vois, mais tu n'as pas peu qu'IL te trouve bizarre ?
    -          Genre, comment tu le sais ?
    -          J'ai entendu sa voix derrière toi quand tu as décroché. Je pensais juste que vous étiez fâchés et que vous ne vous voyiez plus en dehors de la patinoire.
    -          Si, si ... tu sais ce n'était que passager.
    -          Comme une dispute entre amis, je sais. Mais tu vois, j'ai comme l'impression qu'il y a autre chose, si tu vois de quoi je veux parler.
    -          Non mais tu rêves là !, dit-elle en s'énervant. C'est ...
    -          Ton meilleur ami, je sais. Mais je maintiens que si je n'avais pas un peu raison tu ne t'énerverais pas ainsi. Et puis tu sais bien que les sentiments ça évolue ...
    -          Je sais très bien.
    -           Donc j'ai raison ?
    -          Non ...
    -          Ah et que ferais-t-u avec lui à une heure aussi tardive, si ce n'était pas plus que de l'amitié ?
    -          Tu le sais aussi bien que moi, les amis c'est présents dans les moments difficiles pour te soutenir, peu importe l'heure.
    -          Je sais ! Mais là j te dis qu'il y a autre chose !
    J'avoue sa naïveté commence à m'agacer un brin.
    -          D'ailleurs tu lui as dit pour ton connard d'ex ? Et pour notre histoire ?
    -          Oui pour mon ex, non pour notre histoire, je n'y arrive pas ...
    -          Tiens, une preuve de plus, dis-je en riant.
    -          Ne te moque pas ... Bon ok, j'avoue que je suis un peu perdue. Il est tellement attentionné, et ...
    -          Non sans blagues !
    -          Pourquoi tu dis ça ?
    -          Eh t'as les yeux bouchés ou quoi ? Tu serais bien la seule à ne pas l'avoir remarqué.
    -          De quoi ?
    -          Qu'il tient à toi plus que tu ne le crois.
    -          T'es sérieuse là ?
    -          Entièrement. Et j'imagine même que depuis qu'il sait que l'autre connard t'a largué, il s'en cache encore moins.
    Elle réfléchit un instant avant de me répondre.
    -          Tu as raison, quand je repense aux moments que nous avons passé ensemble, je le remarque. Et quand nous nous sommes fâchés, c'était à propos de l'autre enfoiré !
    -          Tiens donc ! C'est curieux, ça ne m'étonne pas du tout, dis-je d'une voix ironique. Ce qu'il reste à savoir, c'est ce que toi tu ressens, mais ce n'est snas doute pas le moment de te le demander.
    -          Tu as raison. Je suis perdue. Et perdre l'amitié que j'ai avec lui, ça me ferait trop de mal. En plus ce soir il reste dormir chez moi, je vais avoir du mal à me comporter normalement maintenant ...
    -          Je te comprends. Réfléchis bien. Je te laisse et n'oublie pas d'envoyer un message à Maude pour la rassurer.
    -          Ok. Promis je le fais. Bonne nuit à toi aussi.
    Une fois que j'ai raccroché, j'ai une bouffée de tristesse qui s'empare de moi. Je m'en doutais qu'elle ne va pas aussi bien qu'elle le dit. Mais je ne pensais pas que c'était à ce point-là ! Je sens une présence derrière moi. Je me retourne. C'est mon adorable Florent. Il me réconforte puis m'explique qu'il était tout l'après-midi avec ses parents. Ensuite nous discutons encore un peu, lovés dans les bras l'un de l'autre. Puis nous nous séparons pour aller dormir. 
     
     
    Votre avis sur ce chapitre ?
    La discussion entre Maëlle et Camille ?
    Les cachotteries de parents de Camille ? Des avis sur ce qu'ils pourraient cacher à leur fille ?
     
     
    Dans le prochain chapitre, une seconde discussion entre Camille et ses parents qui pourrait bien éclairer la jeune fille sur les questions qu'elle se pose.

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :