• L'été où ma vie a basculée (chapitre 13)


     CHAPITRE 13, deuxième semaine de vacances, le vendredi
     
     

    Il est huit heure pile lorsque je me réveille le lendemain matin. Je le regarde dormir, mais pas longtemps, car il finit, lui aussi, par ouvrir ses magnifiques yeux bleus.
    - Bien dormis la miss ?, me demande-t-il encore à moitié endormi.
    - Ouais et toi ?
    - Moi aussi, me répond-t-il en souriant.
    Il se lève, s'étire avant de sortir de la chambre. Avant qu'il ne parte, je le remercie. Il m'assure que c'est normal, et qu'il ne faut pas que j'hésite.
    - A plus tard Camille, me lance-t-il en sortant.
    - A plus tard Flo.
    Il sort. Je m'habille, prend mon petit déjeuner puis vais me baigner pour me mettre les idées au clair. L'image de Florent me réconfortant ne quitte pas ma tête. Après quelques longueurs, j'arrive enfin à ne plus y penser. En rentrant, je croise Mélinda qui sort de sa tente avec Mario. Je lui lance un regard pour lui signifier qu'elle me doit des explications. Elle me sourit en guise de réponse. Je file à la douche. Ensuite je prends ma voiture et vais faire quelques courses. Évidemment, il faut que je croise les abrutis de service ! Je les ignore superbement. Mon petit tour en ville me prend une bonne heure. Ensuite je retourne à la plage. Alors que je mange, aux alentours de 12h30, la chaleur est accablante ! Avec Mélinda, nous décidons donc de ne pas aller à la plage tout de suite. Nous nous allongeons à l'ombre sous ma toile de tente, au frais. Elle m'explique comment s'est passée sa soirée. Elle a croisé son cher Mario aux sanitaires. Ils se sont embrassés, puis, deux des trois abrutis les ont vus. Du coup, pour être plus tranquilles, ils sont allés dans sa tente à elle car c'était la plus proche. La suite elle veut la garder pour elle, et ça m'arrange. Je suis certaine que ça serait censurable ! Ensuite, c'est mon tour de raconter ma soirée, enfin ma nuit après qu'on se soit quittées. Je lui raconte que j'ai encore eu des insomnies mais pas à cause des histoires de Florent. Elle me demande à cause de quoi. Je lui explique que j'étais inquiète pour ma jumelle, que je pressentais quelque chose d'anormal.
    - J'aurais pourtant parié que Florent y était pour quelque chose à ton sourire de ce matin, me dit-elle en souriant.
    - Il y était. En fait je pleurais dans mon lit. Il est passé à côté de ma tente et il m'a entendue. Du coup, il est entré pour me consoler.
    - Et il t'a consolée avec un baiser magique ?, me demande-t-elle malicieusement.
    - Non pas du tout. Il a essuyé les larmes sur mes joues avec ses doigts puis nous avons discuté un peu avant de s'endormir. Ce matin, mon sourire était dû au fait de me réveiller à côté de lui. Avant qu'il ne se réveille je me suis dis qu'il était super mignon en dormant.
    - Ah je comprends mieux, sourit Mélinda. Et tu n'aurais pas aimé qu'il t'embrasse ?
    - Si mais, quand je rêve de notre premier baiser, je l'imagine plutôt sur la plage.
    - Camille fantasme ! Première nouvelle, s'extasie Mélinda avant de pouffer.
    - Sur qui ?, demande une voix que je connais trop bien.
    - Je ne fantasme pas, je rêve, dis-je pour corriger.
    - Mais bien sur, lance Mélinda en riant.
    - Sur qui ?, insiste-t-il.
    - Privé, secret défense, tu ne le sauras pas, lui répond-je en souriant et en tirant la langue comme une gamine.
    Florent baisse la tête et s'en va. Je m'en veux, et Mélinda s'en veut également.
    - Florent, tu voulais nous dire quoi ?, lui dit-elle dans l'espoir qu'il se retourne.
    Pas de réponse, je me lève et vais le rejoindre. Je l'aime trop pour le laisser mal ainsi. Lorsqu'il est mal, je le suis également.
    - Florent, dis-je en l'attrapant par le bras.
    - Laisse-moi, répond-t-il d'un ton las en tentant de dégager son bras.
    - Non, tu es trop mal pour ça. Je suis désolée que tu l'aie mal pris. Mais franchement tu aurais préféré quoi ? Que je te dise qui c'est ? Que je dise ton prénom ? Que je te dise n'importe quoi ?
    - Désolé de m'être emporté, je n'aurais pas dû, dit-il tête baissée, honteux d'avoir réagis de la sorte.
    - Pardonné. Mais tu sais, tu le sauras, je suis incapable de garder mes sentiments secrets très longtemps, dis-je en souriant sincèrement.
    Il me regarde curieusement, je lui lance le même regard. Nous nous séparons. Je retourne auprès de Mélinda. Je lui narre ce qu'il vient de se passer. Elle se marre.
    - Tu sais qu'y a qu'une fille amoureuse qui aurait réagit comme tu viens de le faire ?
    - Je sais, ou une meilleure amie. Mais je m'ne fiche qu'il ait des doutes sur mes sentiments envers lui. Je n'ai pas l'intention de le lui cacher éternellement. Et puis je me dois d'être honnête avec toi, j'ai l'impression parfois qu'il m'aime plus que d'amitié.
    - Oh !, lance Mélinda contente pour moi.
    - Chut, tais-toi un peu, on pourrait nous entendre.
    - Oups, fait-elle confuse.
    - On va à la plage maintenant qu'il fait moins chaud ?
    - Oui avec plaisir, me dit-elle.
    - Plaisir ? C'est qui ça, dis-je en riant, contente de ma blague pourrie.
    En allant à la plage, sur la dune, quelqu'un nous interpelle, ou plutôt m'interpelle.
    - Camille ?
    - Oui, dis-je en ayant reconnu sa voix envoûtante.
    - Vous faites quoi ce soir les filles ?
    - Rien de spécial, répond-je après avoir regardé Mélinda.
    - Cool, venez avec nous sur la plage alors.
    - Ok, ça marche, répond Mélinda sans me demander mon avis.
    - A ce soir, dis-je à mon tour.
    Alors qu'il s'éloigne, Mélinda me chuchote :
    - Calme tes hormones en sa présence, il va finir par s'en apercevoir.
    - Oups, fais-je confuse.
    Vers 18 heures, après avoir fait bronzette et avoir nagé, nous remontons la plage et rentrons au camping. Nous allons nous désensabler à la douche, puis nous mangeons ensemble avant de rejoindre les garçons sur la plage. Je profite du trajet pour me remémorer deux évènements en lien avec Florent que je garde secrets. Hier soir, lorsque Florent m'a consolée, je me suis endormie avant lui, enfin j'ai fermé les yeux avant lui et il m'a embrassée au coin des lèvres ! Et encore, je reste convaincue qu'à la base il voulait m'embrasser réellement mais qu'il n'était pas certain que je dorme. C'est pour cela que je lui ai parlé gentiment tout à l'heure et aussi que j'attends qu'il fasse le premier pas. La deuxième chose ça s'est passé à la douche tout à l'heure. Il parlait avec un des trois abrutis. Il disait qu'il avait des sentiments pour une fille. Secrètement j'espère qu'il parlait de moi. Ça me fendrait le c½ur si c'était d'une autre fille qu'il parlait. Bref, je verrai bien ce que l'avenir me réserve. Nous arrivons à la plage. Les trois imbéciles sans cervelle tournent déjà à la bière depuis un moment à en juger par les canettes vides autour d'eux. Florent aussi, enfin il est en train d'en boire une et non pas une énième comme ses copains. Au début, c'est une ambiance bonne enfant. Mélinda est tout de suite à l'aise. Moi, j'ai un peu plus de mal, comme toujours ... Petit à petit, j'arrive à me mettre dans l'ambiance. Mais lorsque bien imbibés, les trois idiots commencent à sortir des blagues graveleuses, là j'ai qu'une envie c'est de partir. Mélinda et Florent le remarquent. Puis sans l connaître, les connards de service s'en prennent à ma s½ur. Alors là ça ne passe pas du tout ! Mélinda me fait me rasseoir, mais si j'obtempère, c'est uniquement pour elle et Florent. Les trois choses, totalement inconscientes du malaise qu'elles produisent, continuent. Leur discussion se poursuit sur le même ton et dans un excès de colère, je me lève et m'éloigne d'eux, tout en restant sur la plage. Je les entends encore. Ces idiots ne comprennent pas mon attitude. Mélinda s'énerve après eux et Florent se lève à son tour. Je sens qu'il va me rejoindre ... Quelques instants plus tard, il passe son bras autour mes épaules pour que je me retourne vers lui. Je lui souris.
    - Tu sais Camille, je suis sincèrement désolé. J'aurais dû m'en douter qu'ils seraient désagréables avec toi.
    - C'est gentil, mais ce n'est pas de ta faute. Je te l'ai déjà dit, c'est à eux de s'excuser ... et puis, je pense que c'est aussi un peu de ma faute, y a des sujets où je suis sensible et où je réagis avec véhémence.
    - Mais c'est normal Camille, on a tous des sujets comme ça qui sont privés. Et puis ta s½ur, c'est tout frais, et pour le reste, je te comprends, c'est privé, intime et tu as tout à fais le droit d'être pudique.
    - Je sais, dis-je en laissant ma voix en suspend, tout en marchant sur le sable encore tiède.
    Il me suit. Nous marchons en silence jusqu'à la crique. Je vais pour m'asseoir sur un rocher, comme à chaque fois que je suis triste, mais Florent m'en empêche.
    - Camille, me chuchote-t-il à l'oreille, j'aime ne pas te savoir triste. Profite que tes parents ne soient pas encore rentrés pour t'amuser.
    - T'as pas tort ...
    - Eh tu sais, les autres années, j'ai remarqué que tu ne t'amuse pas beaucoup, même si ça ne fait aucun doute que tu es heureuse d'être là.
    - Je sais bien, j'ai l'habitude de m'occuper seule, sans doute le fait d'avoir été fille unique pendant 19 ans.
    Ne pouvant m'asseoir, je me remets à marcher. Florent m'attrape par le bras mais comme j'avance, sa main glisse vers la mienne. Au contact de sa main sur mon poignet, je frissonne de bonheur.
    - Camille, dit-il d'une voix rauque, où est passé ton magnifique sourire ?
    Sa voix me fait fondre. Je lui réponds une fois que j'ai repris un peu mes esprits.
    - Je ne sais pas ... Il reviendra quand je serais certaine que ma jumelle va bien, quand ms parents me reparleront normalement et quand ... dis-je en laissant ma phrase en suspend en pensant à lui.
    - Et quand ?, m'encourage-t-il.
    - Non, rien, oublie.
    - Non, je ne peux oublier ton merveilleux sourire. Il reste gravé dans ma tête.
    - Ah bon pourquoi ?
    - Parce que ...
    Il s'approche dangereusement de moi, je sens son souffle chaud sur ma peau, sur mon visage. Mon c½ur bat de plus en plus fort. Son parfum sent super bon et m'enivre. Puis, d'un seul coup, ses lèvres frôlent les miennes puis les touchent délicatement. Une explosion de sensations jaillit en moi. Ce baiser est plus merveilleux que dans mes fantasmes les plus fous. Lorsqu'il me demande l'accès à ma bouche, je le lui donne sans hésiter, tout en passant mes doigts dans ses magnifiques cheveux bruns. Nos langues dansent ensemble comme si elles en avaient l'habitude ... Quelques minutes plus tard, nous nous écartons par manque de souffle. J'aurais pourtant aimé que ce moment dure à l'infini.
    - Camille, je ... dit-il essoufflé en baissant la tête gêné.
    - Chut, fais-je en relevant son menton avec mon doigt avant de le mettre sur ses lèvres et de déposer un léger baiser sur ses lèvres chaudes.
    Un sourire apparaît sur son visage. Ses yeux s'illuminent, les miens aussi. Il me prend dans ses bras et nous restons un long moment enlacés. C'est son portable qui sonne et nous interrompt. Un des abrutis se demande pourquoi il est si long.
    - On ferait mieux d'y retourner, me dit-il après avoir raccroché.
    - Je suis bien ici, dis-je en murmurant.
    - Je sais bien miss, mais là on n'a pas trop le choix.
    Je soupire.
    - Flo, retournes-y-toi, moi je vais rentrer. Mélinda va comprendre, et les choses je m'en fou de ce qu'elles pensent.
    - D'accord, comme tu veux.
    Nous nous embrassons puis nous nous séparons. Il retourne sur la plage avec les autres. Je rentre au camping par la dune, le sourire aux lèvres. Vers 22h, alors que j'écris mon roman, assise à la table, quelqu'un frappe à la toile. C'est Mélinda. Elle me dit que les trois abrutis sont complètements bourrés et que c'est pour ça qu'elle est rentrée. Une heure plus tard, c'est Florent qui vient me voir. Je suis assise. Il passe ses bras autours de mes épaules. Je tourne ma tête et il m'embrasse. Il jette un regard à ce que j'écris et me demande s'il pourra lire un jour.
    - Bien sur que tu pourras, lui répond-je avec un grand sourire.
    Au même moment, mon téléphone sonne. Vu l'heure, je me demande bien qui c'est. Je regarde : c'est Maëlle.  Aussitôt je décroche, avec un sourire d'excuse pour Florent.
    - Allo, Maëlle ?
    - Oui, c'est moi, ça va Camille, t'a une voix bizarre.
    - Non, non, ça va ne t'inquiète pas. Et toi ça va ?
    - Oui et non. J'ai réussi à parler à mes parents, enfin ex-parents. Mon ex me pourri la vie et si je viens te rejoindre, c'est en fuguant, ... mais à part ça, tout va bien, finit-elle avec ironie.
    - Je vois. Les ex, ça craint, peu importe ex quoi. Pourquoi ex-parents au fait ?
    - Bah j'ai parlé avec eux, lu correctement le dossier qu'on m'a donné et mes vrais parents se sont les tiens. Tu sais ça répond à la question qu'on se posait l'autre jour. D'ailleurs on l'aurait su plus tôt si on avait mieux lu les dossiers.
    - Je reconnais qu'on ne les a pas lus correctement. Et ils t'ont dit autre chose ?
    - Non, juste qu'ils ne me laisseraient plus rien faire jusqu'au moment où je ne serais plus sous leur responsabilité.
    - Oh merde ! Et du coup tu vas faire comment pour venir ?
    - Partir pendant qu'ils sont en week-end et que mon faux petit-frère est chez ma fausse grand-mère. Ça sera le dernier week-end où je serais tranquille.
    - Ok, et c'est quand ?
    - Pas ce week-end, mais le prochain.
    - D'accord. Tu croiseras sans doute mes, enfin nos parents, vu qu'ils seront là pour le week-end, mais après ils repartiront quelques jours avant d'être à nouveau là et jusqu'à la fin, pour mon plus grand malheur.
    - D'accord, je te redirais tout ça en fin de semaine. Tu auras vu tes parents ...
    - Ouais, bah ça, on verra après si ça a arrangé les choses, moi je pressens le contraire. Et sinon ça va ?
    - Bof, comme je te disais, l'autre bouffon continue de me faire chier, de m'humilier, de me surveiller. Rappelons quand même que c'est lui qui m'a jetée après m'avoir trompée trois fois dans la même soirée avec trois filles différentes en plus !
    - Différentes ! Tu ne m'avais pas dit ça. Quel enfoiré !
    - On est d'accord. J'espère qu'à ton camping y a pas de connards pareils !
    - Bah écoute, te dire qu'il n'y a pas de connard ici, ça serait mentir, mais y a pas que ça, loin de là, dis-je en regardant amoureusement Florent qui est toujours à mes côtés.
    - Oh toi, tu me cache quelque chose !, dit-elle en riant.
    - Pas du tout, je 'expliquerais.
    - J'espère bien. Et j'espère aussi qu'y aura au moins un mec capable de me faire oublier l'autre enfoiré !
    - Mais oui, je suis sûre que tu vas trouver.
    - Espérons, espérons.
    - Oh toi blasée des mecs, ce n'est pas ton genre, reprend-toi la miss !
    - T'as raison, mais j'en reviens toujours pas ...
    - C'est simplement un salaud qui cachait bien son jeu au départ. Malheureusement ce genre d'individus existe.
    - Comme tu dis. Bon aller, je vais aller essayer de dormir, en espérant que je ne fasse pas de cauchemars cette nuit. On s'appelle la semaine prochaine, on va en avoir besoin !
    - Ok ça marche. Bonne nuit à toi aussi Maëlle. Tu sais moi non plus je ne dors pas très bien en ce moment.
    - Bonne nuit quand même. Vivement qu'on se voit.
    - Trop. Bisous la miss.
    Nous raccrochons toutes les deux. Florent me regarde avec un petit sourire en coin. Je lui demande à quoi il pense. Je lui demande à quoi il pense.
    - A toi, me dit-il, je n'aime pas savoir que tu es soucieuse au point de mal dormir.
    - Merci mon chou de t'inquiéter pour moi, c'est adorable.
    - C'est toi qui est adorable ma belle, dit-il avant de m'embrasser et d'aller se coucher.
     
     
     
    Le petit mot de l'auteure : 
    - Votre avis sur ce long chapitre ?
    - Le réveil de Camille et Florent, mignon non ?
    - La soirée de Mélinda ?
    - La micro-dispute entre Camille et Florent ?
    - Les deux événements dont se souvient Camille ? 
    - Le début de soirée avec les trois abrutis qui sont désagréables avec Camille ?
    - La fin de soirée à la plage entre Camille et Florent ? Mignon ou pas ? Depuis le temps, ils sortent enfin ensemble !
    - La fin du chapitre ?
     
    Merci encore de lire ma fiction :) 
     
     

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