• L'été où ma vie a basculée (chapitre 10)


     CHAPITRE 10, deuxième semaine de vacances, le mardi
     
    Le lendemain matin, je me réveille de bonne heure, après un sommeil reposant. Je dois l'avouer, Florent était présent dans tous mes rêves. Il est presque 8 heures et j'ai encore 2h30 devant moi pour me préparer. Je prends mon petit déjeuner, puis je passe vingt bonnes minutes à choisir mes vêtements pour ma balade avec Florent, avant de me diriger vers les lavabos et les douches. À 10h20, je suis prête. Je vais l'attendre sur la dune. Il arrive cinq minutes après moi. Immédiatement il remarque ma mine préoccupée, bien que je tente de la dissimuler. Alors qu'on marche toujours dans les dunes, le silence s'installe. Nous sommes pourtant éloignés du camping, et ma crainte que quelqu'un nous voit nous promener tous les deux s'est dissipée. En réalité, je sens qu'il va bientôt me parler du sujet délicat et je le redoute. Cependant, le silence qui s'éternise ne devient pas pour autant gênant. L'un comme l'autre, nous sommes attentifs à l'autre. Cela fait 45 minutes que nous marchons et nous avons déjà fait demi-tour lorsqu'il descend plus loin que le chemin. Nous atterrissons sur une petite plage, un peu sauvage. C'est cet endroit calme et un peu caché qu'il choisit pour me demander de lui expliquer ce qui se passe. Bien évidemment, je ne mentionne pas le fait que je le trouve mignon. Je lui parle de l'attitude de mes parents puis lui explique qu'ils voulaient me parler avant de partir la veille. Sous son regard bienveillant, je lui dévoile le lourd secret que je viens de découvrir. Bien que me connaissant peu, il est choqué. Il se rend compte de l'étrangeté de ma situation. Il me demande plus d'explications mais je lui avoue ne pas avoir lu la feuille qui le mentionnait, préférant découvrir l'identité de ma jumelle. Il me comprend. Lorsque je lui révèle que c'est une de mes meilleures amies, il en tombe à la renverse dans le sable. Alors qu'il se relève, je lui explique la relation que j'avais auparavant avec celle que je vais devoir désormais appeler « ma s½ur » et non plus « ma meilleure ». Il reconnait que cela peut à la fois aider et compliquer les retrouvailles. Je lui explique également que mes parents refusent de répondre à toutes les questions que je leur envoie par sms depuis hier. Il admet que ce n'est pas cool de leur par de me laisser seule après l'annonce et reconnais que c'est une chance que Mélinda soit là. J'acquiesce. Je réussi tant bien que mal à refouler les larmes qui montent en parlant de cette histoire. Il ajoute qu'il sera toujours là pour moi si j'ai besoin. Je le remercie, et, au moment où j'allais me relever, décidée à rentrer, je reste une fois de plus scotchée, perdue dans son regard bleu lagon. C'est son portable qui nous sort de cette troublante situation. Visiblement ses potes le cherchent. Il leur répond de ne pas l'attendre, qu'il les rejoindra. Nous rentrons tous les deux au camping. Arrivés devant ma tente, nous voyons un mec qui semble chercher quelque chose ou quelqu'un. Je lui demande. Il me répond qu'il cherche une jeune fille très sympathique aux cheveux châtains et aux yeux bleus très clairs, qu'il a croisé à la plage la veille et qu'il voit souvent trainer par là. Avec Florent on se regarde. Nous avons tous les deux compris qu'il cherche Mélinda. J'explique au mec que sa tente c'est celle d'en face et que c'est mon amie, que je vais la prévenir. Il me remercie. J'envoie un sms à Mélinda qui revient peu de temps après. Florent, lui, va rejoindre ses potes. Juste après avoir mangé et fait ma vaisselle, mon portable sonne. Qu'elle n'est pas ma surprise de voir le nom qui s'affiche sur mon téléphone. Je me précipite sur mon portable et décroche.
    - Allo ?
    - Camille ? C'est Maëlle.
    - Je sais, la miss injoignable que c'est toi, ça s'affiche, réplique-je moqueuse.
    - T'as l'air en forme toi dis-donc, relève-t-elle.
    - Bof, pas vraiment pourtant, ... et toi ?
    - Très mal. Pire que la semaine dernière, répond ma jumelle en étouffant des sanglots que j'entends quand même, l'autre con me harcèle et c'est sans compter les problèmes de famille. Mais je me demande pourquoi tu étais si inquiète dans le message que tu m'as laissé.
    Eh merde ! Je m'en doutais. Elle sait tout, comme moi, sauf qu'elle ne veut pas en parler. Je sais que ce n'est pas facile, ni pour elle, ni pour moi. Mais il ne faut pas laisser l'abcès se former. Seulement si je suis franche, ça va faire mal. Notre discussion va tourner à la langue de bois et je ne supporte pas ça !
    - Maëlle, t'as beau me le cacher, je m'en rends bien compte que ça ne va pas. Tu sais que tu peux m'en parler.
    Je sais, j'abuse de lui dire ça, mais je veux la faire réagir.
    - Laisse tomber Camille, pour une fois tu ne peux rien faire pour moi, et encore moins avec la distance qui nous sépare.
    Non, mais ! Elle abuse là ! Je le ressens dans sa voix qu'elle le sait, elle n'a pas même intonation que d'habitude, et puis quand elle parle on dirait qu'elle pense l'inverse de ce qu'elle dit.
    - Maëlle ! Arrête ton cinéma tout de suite ! Je sais que c'est ton rôle d'habitude de me remettre les idées en place et pas l'inverse, mais là tu dérailles complètement. On le sait l'une comme l'autre que ce n'est pas au téléphone qu'on va en discuter. Tu sais où je suis et tu sais qu'il y a toujours une place pour toi, surtout en ce moment, fini-je en radoucissant ma voix.
    - Camille, je ne te reconnais pas là ... D'où tu sors cette force de caractère ?
    - J'en sais rien, et c'est surement qu'une façade, vu ce qui se passe.
    - Je me doute. Je sais que tu as raison. Tu vas me trouver ridicule mais je ne voulais pas t'en parler, j'avais trop peur qu'on s'embrouille ...
    - Non ce n'est pas ridicule Ma' au contraire, c'est normal, lui dis-je d'une voix rassurante.
    - Tu me rassures. Je sais qu'il faut que je me secoue, mais je n'ai pas réussi à négocier l'autorisation pour venir te voir, du coup, je suis coincée, poursuit-elle dégoutée.
    - Maëlle, tu crois sincèrement que vu les circonstances, leur accord est indispensable ? Ce n'est pas comme si t'étais mineure. Je pense au contraire qu'il est plus que futile. Tu peux toujours venir sans leur dire et les prévenir une fois que tu es arrivée ici.
    - Pas con. Écoute, je réfléchis et je te redis.
    - D'acc. Mais je te demande une chose. Tu ne reste spas injoignable comme tu l'as fait, s'il te plait.
    - Promis, Camille.
    Nous raccrochons toutes les deux. L'après-midi, je retrouve Mélinda à la plage. Nous discutons de tout et de rien, enfin surtout des mecs quand même, il faut le reconnaître. Après avoir été dans l'eau, nous retournons nous allonger sur nos draps de plage. Nous commençons à parler de ma discussion avec Maëlle. Heureusement que Mélinda est là parce que j'ai vraiment besoin d'en parler. Je suis soulagée qu'on ne se soit pas engueulées à cause de ça et que pour l'instant notre complicité n'en ait pas souffert. Alors que nous papotons, je remarque que Mélinda a le regard rivé à sa gauche. Je tourne ma tête et découvre le mec qui la cherchait ce matin.
    - Il s'appelle comment ce canon qui accapare toute ton attention depuis tout à l'heure et qui te cherchait ce matin ?
    - Mario.
    - Je m'en doutais tu sais déjà son prénom. Tu l'as repéré depuis combien de temps ?
    - Depuis que je suis arrivée. Et puis je ne suis pas comme toi, moi, je n'attends pas deux ans avant de connaître son prénom. T'es grave quand même dans ton genre, dit-elle moqueuse.
    - Méli est amoureuse, Méli est amour..., dis-je en riant avant de me faire couper.
    - Quel scoop, lance moqueusement une voix que je connais bien derrière moi.
    - Tiens, Florent, lance Mélinda limite contrariée.
    - Eh oui c'est moi. Camille, tu veux de l'aide, me propose-t-il en voyant que je galère à me mettre de la crème solaire dans le dos.
    - Avec plaisir, réponds-je en souriant.
    - Tourne-toi la miss, me dit-il.
    Je m'allonge sur le ventre. Florent me met de la crème solaire tout e me massant le dos. Ce qui est, je dois le reconnaître, très agréable. Surtout qu'il s'y prend vraiment bien.
    - Merci Flo, déclare-je reconnaissante alors qu'il s'assoie à côté de moi.
    - De rien miss Camille.
    Pour la deuxième fois de la journée, nos regards se croisent et je m'enfonce dans la profondeur de son regard. Ses yeux bleus lagon sont d'une beauté sans fin.
    - Et moi, le massage je n'y ai pas droit ?, demande Mélinda en riant.
    Je la maudit pour avoir cassé notre moment. En même temps en la regardant, je devine qu'elle en a fait exprès, la bourrique !
    - S'il ne veut pas te le faire, moi je veux bien, déclare une voix suave derrière elle.
    Elle se retourne puis lui répond.
    - C'est gentil, j'accepte avec plaisir.
    Mario ne se le fait pas dire deux fois. Florent, lui, demande mine de rien si on fait quelque chose le soir. Je jette un coup d'½il à Mélinda, qui, d'un regard, me fait comprendre qu'elle a quelque chose en tête.
    - Désolé, Mélinda voulait m'en parler avant que tu n'arrives. Mais si jamais on ne fait rien, promis on te le dit.
    - Ok, ça marche, salut les filles, dit Florent en retournant voir ses copains.
    - C'est dommage, moi aussi je voulais vous proposer de passer la soirée en ma compagnie, déclare Mario d'une voix triste.
    - Une prochaine fois, lance Mélinda en souriant.
    Mais Mario ne semble pas la prendre au sérieux, il a l'air vraiment peiné.
    - Mario, je ne blague pas, dis-moi quel soir tu veux et je te promets de passer la soirée avec toi.
    - Ok. Mercredi soir, enfin demain soir quoi, ça te va ?
    - Parfait, répond Mélinda joyeuse.
    Puis il s'en va à son tour. Mélinda regarde l'heure puis déclare qu'il est grand temps de rentrer pour avoir le tems de se préparer. Je lui demande ce qu'on va faire mais elle me répond que c'es tune surprise. Elle sait pourtant que je n'aime pas trop ça. Nous rentrons donc puis nous allons à la douche, sans croiser les gugusses, pour une fois. Ensuite je mange avant que Mélinda ne débarque pour me dire comment m'habiller, me coiffer et me maquiller. Aussitôt je devine où nous allons : la boîte de nuit en dessous du bowling. Lorsque nous sommes prêtes, il est presque 23 heures. Avant de partir, j'envoie quelques sms à Maëlle, Sophie, Débora, Marine, Morgane, Kévin et Louise pour savoir comment se passent leurs vacances. Lorsque nous arrivons, il y a déjà beaucoup de monde. Le videur nous informe qu'on a de la chance car ils vont bientôt fermer l'entrée vu que la boîte est quasiment pleine. Nous allons directement au bar. Je vais pour prendre un cocktail sans alcool mais Mélinda m'en empêche, puis nous commande deux Monaco. Pour commencer annonce-t-elle, avant de m'expliquer que pour une fois que nous ne prenons pas la voiture après on peut se permettre. Elle ajoute que c'est les vacances, qu'il faut profiter surtout qu'il y a des beaux mecs. En clair, tant qu'elle sera autour de moi je ne pourrais pas prendre de boisson non alcoolisée. Au loin, j'aperçois Mario, entouré d'une horde de filles. Il semble agacé. Lorsqu'il me voit, il paraît déçu. Mais il retrouve son sourire quand il voit Mélinda à mes côtés. Mon amie s'excuse de me laisser et va le rejoindre. Je sirote ma boisson tout en balayant la salle du regard. Je ne revois pas Mélinda de la soirée. Je fini mon cocktail puis vais me déhancher sur la piste de danse. Plusieurs mecs bourrés et insupportables m'abordent mais je les envoie balader fermement. Ensuite les trois abrutis viennent m'emmerder. Je me débarrasse de leur présence à eux aussi. Ensuite je suis tranquille pendant un bon moment. J'adore danser, et ce soir j'ai de la chance, j'aime quasiment toutes les musiques qu'ils passent. Je ne reprends rien au bar de la soirée. Il y a vraiment trop de monde. Et puis, étant habituée à ne jamais rien consommer lorsque je sors, cela ne me dérange pas plus que ça. Alors que je me déhanche, complètement à fond dans une musique des Black Eyed Peas que j'adore, je sens quelqu'un qui vient danser près de moi. Mon sixième sens me dit de ne pas le repousser. Je reste donc dos à la personne. Quelques instants plus tard, sur une autre musique, toujours du même groupe, mais beaucoup plus calme, le mec me prends par la taille et m'oblige à me retourner. C'est Florent.
    - Alors tu ne me repousse pas comme tu fais avec les autres, me demande-t-il moqueur.
    - Non pourquoi, je devrais ? T'es pas bourré, t'es pas lourd ni chiant, donc ...
    - C'est flatteur ça, dit-il le regard pétillant.
    Nous continuons de danser l'un contre l'autre jusqu'à la fin de cette musique. Nous continuons sur la suivante qui est plus rythmée. Puis celles d'après encore.
    - Tu danses vraiment bien Camille, me complimente-t-il.
    - Toi aussi Florent.
    Une bonne demi-heure plus tard, je commence à en avoir marre. Il est une heure du matin. J'envoie un sms à Mélinda pour lui dire que je vais bientôt partir. Elle ne me répond pas. Du coup, j'hésite à rentrer tout de suite. Non pas que j'ai peur de rentrer toute seule mais bon, on ne sait jamais. Au même moment Florent réapparait auprès de moi.
    - Tu viens te balader sur la plage avec moi ?
    - Pourquoi pas, j'en ai assez d'être ici et c'est ça où je rentre. Mais toi tu ne rentres pas avec tes copains ?
    - Tu rigoles ? Ils sont bourrés alors je les laisse se démerder tous seuls. Je ne les supporte pas quand ils sont dans cet état là mais rien ne le empêche de se mettre minable, c'est désolant. En plus quand ils rentrent, ils font du bruit, gênent tout le monde et moi ça me fou la honte.
    - Ok, je vois. Allons-y alors, dis-je en souriant.
    Je le suis dehors. Sur la plage, nous marchons côte à côte en discutant. À plusieurs reprises, je sens sa main qui frôle la mienne, ce qui me procure des picotements dans tous le corps. Je ne peux plus le nier, 'adore être à ses côtés. Je me sens si bien avec lui. Vers 1h45, nous rentrons dans le camping. Il me laisse devant ma tente. Lorsqu'il me fait la bise pour me dire bonne nuit, je reste comme paralysée par la surprise. Pourquoi ? Parce qu'il m'a déposé un baiser à la commissure des lèvres ! Lui aussi semble troublé. Je ne sais si son geste était voulu. Je lui souhaite une bonne nuit puis nous nous séparons. Au loin, je vois Mélinda et Mario qui rentrent main dans la main en riant. J'en connais une qui aura des choses à me raconter demain ! 

     
     

    Le petit mot de l'auteure : 
    Et voilà pour la journée du mardi de cette deuxième semaine.
    Votre avis sur : 
    - la balade de Florent et Camille, mignon non ? Camille qui lui raconte ce qui se passe ? La réaction de Florent ? La fin de leur balade à la petite crique ... Ah les yeux bleus de Florent ... notre Camille n'a pas l'air d'y être insensible.
    - La rencontre entre le mec qui cherche Mélinda (Mario) , Camille et Florent ?
    - La conversation entre Camille et sa s½ur ?
    - La discussion Mélinda / Camille à la plage ?
    - Florent qui met de la crème à Camille, adorable non ?
    - Que pensez-vous du caractère de Mario ? Vous l'aimez ce nouveau personnage ?
    - La soirée à la boîte de nuit ? Mélinda qui veut s'éclater, Camille toujours aussi prudente ? Camille qui rejette tous les mecs sauf Florent ? 
    - La fin de soirée Camille / Florent ? La toute fin quand ils se disent bonne nuit ?
     
    Dans la prochaine partie du  chapitre, découvrez la soirée du port, encore riche en événements cette soirée ! 
     
    Merci de lire la fiction :) 

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