• Au quotidien dans un monde de (paillettes) paraître - (chapitre 1)

    Point de vue de Léa Scott, 15 mai. 

     

    Moi, c'est Léa Scott. J'ai 24 ans et je travaille comme réceptionniste dans un grand hôtel parisien. Je suis très appréciée par mon patron, qui vante régulièrement mes qualités auprès de mes collègues. En général cela me déplaît un peu car mes collègues me jalousent très souvent. Il y a quelques minutes j'ai appris que cela pouvait aussi avoir des avantages que d'être reconnue dans son travail. 

     

    En effet, M. Venezia, mon patron, m'a proposé de troquer mon poste de réceptionniste contre celui de responsable de l'étage VIP pendant deux mois. Aussitôt je lui ai demandé qui étaient les célébrités qui avaient réservé cet étage, car habituellement, il me dit que les célébrités ne sont pas assez importantes pour mériter mes qualités dans ce poste.  

    - Ce sont les One Way, me dit-il, vous connaissez ? 

    - Ce sont les garçons britanniques qui font des ravages chez les adolescentes en ce moment, non ? 

    - C'est exact ! Vous voyez, je vous apprécie pour cela : vous connaissez toujours un minimum les célébrités que nous accueillons. 

    C'est vrai, je ne feuillette les magazines people que dans le but d'être informée pour ne pas paraître idiote à la réception de l'hôtel, bien que le plus souvent nous sommes prévenus de la venue de ces personnes avant leur arrivée.  

    - En quoi consistera la mission ?, demandé-je avec curiosité, me souvenant que ces charmants abrutis ont leur propre équipe de protection à leur service pendant les tournées. 

    - Vous aurez pour mission de faire en sorte que leurs allées et venues soient discrètes, de transmettre leurs messages aux autres équipes de l'hôtel comme la restauration, la location de véhicule, la réception, et les autres. Pour cela vous logerez pendant ces deux mois dans la chambre que l'on appelle la loge à l'entrée du couloir VIP au dernier étage, une sorte de chambre de fonction. Votre paye passera pour ces deux mois de 2000€ mensuels à 4000€ mensuels. Cela vous demandera beaucoup d'énergie pour surveillez ces gamins qui ont une énergie débordante. Ils seront pendant cette période en vacances, donc pas de managers avec eux, ni coiffeurs ou autre. C'est l'équipe de gardes du corps de l'hôtel qui assurera leur protection. Acceptez-vous cette proposition ? 

    - Oui, je l'accepte, quand viennent-ils ces garnements ? 

    - Du 16 juin au 31 août. Oh pardon cela fait deux mois et deux semaines, je n'avais pas fait attention, ils viennent de modifier les dates. ... Dans ce cas votre paye sera augmentée pour les trois mois entiers de juin, juillet et août, déclare-t-il après avoir réfléchis en se grattant le menton. 

    - Très bien Monsieur. 

    - Une dernière chose, vous serez donc en repos du 1er au 15 juin, car comme vous l'avez si bien dit, se sont de sacrés garnements.  

    - C'est noté. En somme je vais jouer les mamans, dis-je en riant. 

    - Je n'y avais pas pensé mais ça fait un peu ça en effet. Surtout que leur management compte sur nous pour éviter les frasques pendant leur séjour parisien. En espérant que le fait que vous ayez environ leur âge, cela arrange les choses. Vous tenterez tout de même de ne pas trop passer pour la maman car ils ont eux-mêmes demandé à ne pas être accompagnés des membres de leur management qu'ils trouvent trop envahissants, pour leur période de repos. 

    - Gestionnaire de stars en vacances, déclaré-je en souriant, ça ne va pas être de tout repos, effectivement. 

    - Je vous laisse profitez de votre pause Mademoiselle Scott. 

    - Merci.

     

    M. Venezia sort de la salle de pause du personnel qui se trouve à l'arrière de la réception. Je souris mais c'est nerveux. Oui, je suis heureuse d'occuper ce poste pendant deux mois et demi. C'est une super opportunité pour moi. Au fond, je sais très bien que cela permet aussi au patron de faire des économies, il n'aura pas à engager une personne bilingue pour le temps des vacances de ces jeunes prodiges. Je suis bilingue car mon père est anglais et ma mère est française. Je suis née en France mais j'ai vécu de mes 10 ans à mes 20 ans à Londres. Tiens curieuse coïncidence, je suis revenue en France au moment où ces starlettes ont commencé à percé dans le monde musical. Vous vous posez sans doute beaucoup de questions sur moi et mon passé. Je vais vous expliquer un peu.  

     

    Je suis née au mois de janvier dans la capitale française. Parisienne depuis mon enfance, j'adore cette ville. Seulement mon père étant d'origine anglaise (d'où mon nom), il a beaucoup de contrats avec des entreprises britanniques. De ce fait, il était souvent rendu là-bas pour faciliter son travail. Il est directeur d'une grande marque de luxe. Oui, je vous l'avoue je suis une gosse de riche. Mais je n'en ai pas l'attitude car l'argent de mes parents ne m'a jamais permis d'obtenir quoi que ce soit de plus. Ils m'ont appris à vivre "normalement" en obtenant tout par le travail et le mérite. Ma maman elle est photographe de mode. Oui je sais, c'est la grande classe ! Son métier pouvant s'exercer facilement dans n'importe quel pays, lorsque j'ai eu 10 ans, ils ont décidé de déménager à Londres. Ma grand-mère paternelle était aux anges de nous voir revenir tout près d'elle. En revanche la famille de ma maman n'était pas très enchantée par cette nouvelle. D'ailleurs, depuis nous n'avons pas eu beaucoup de nouvelles d'eux. Même depuis que je suis revenue, il y a trois ans. Malheureusement pour elle, ma grand-mère paternelle est décédée deux ans après notre installation à Londres. Cela a été un choc pour moi car n'ayant plus de nouvelles ma famille française, je n'avais plus de grands-parents. A Londres, nous vivions dans une grande maison. Pour maman c'était mieux car papa était plus souvent à la maison. Pour moi, rien ne changeait vraiment. Lorsque papa était à la maison j'étais en cours ou je travaillais. Pourquoi travailler alors que mes parents sont riches ? Tout simplement parce que selon mes parents cela me serait bénéfique plus tard. Je les en remercie aujourd'hui. Donc le matin j'allais en cours, dans une école française pour ne pas perdre ma seconde langue maternelle. Et l'après-midi j'étais baby-sitter chez des gens dans les quartiers huppés de la ville. J'étais déjà passionnée par l'apprentissage des langues. J'ai travaillé chez des portugais, des grecs, des pakistanais, et des espagnols. Ces gens me parlaient dans leur langue et non en anglais, du coup je maîtrise bien ces langues, surtout l'arabe car c'est chez les pakistanais que j'ai travaillé le plus longtemps. Au collège, puis au lycée, j'étais dans la section langue. J'y apprenais l'italien, le chinois et l'allemand. Aujourd'hui cela m'est très utile. Après mes sept ans d'études, j'ai obtenu mon bac avec un an d'avance et une mention très bien. Mes parents étaient fiers de moi. J'ai toujours voulu travailler dans les hôtels. Du coup je suis entrée en BTS Hôtellerie, spécialité réceptionniste. Formation bilingue français-anglais proposée par l'établissement où j'étais depuis mon arrivée au Royaume-Uni.  Diplômée au bout de deux ans, j'ai travaillé comme stagiaire pendant six mois dans un hôtel de luxe londonien. La majorité étant à 21 ans je ne pouvais travailler comme salariée. Mon année d'avance m'a joué des tours. Du coup, avec l'accord de mes parents, je suis rentrée en France le jour de mes 20 ans, le 12 janvier. Au moins, je pouvais réellement travailler. Avec un CV aussi riche que le mien en maîtrise de langues étrangères, je n'ai pas eu de mal à trouver un emploi à Paris, ma ville natale. C'est comme cela que je suis entrée comme réceptionniste de base au "Palais Vénitien" dirigé par Monsieur Venezia. Mon enfance et mon adolescence ont été plutôt heureuses, bien que durant toutes ces années, une chose m'ait cruellement manqué : sortir avec des jeunes de mon âge. Je n'ai pas réellement d'amis, ni en Angleterre, ni en France. Je m’entends juste bien avec ma voisine, même si je ne la vois pas souvent vu que je travaille souvent de nuit. C'est pénible comme horaires de travail, mais cela paye beaucoup mieux et en plus j'ai pu gravir les échelons plus vite. Depuis le mois de janvier, je suis passée à nouveau en horaires de jour. Je dois avouer qu'actuellement, mon niveau en langue s'est un peu réduit. En effet malgré la clientèle variée de l'hôtel, je ne peux pratiquer toutes les langues que je connais. En étant honnête, je ne parle couramment plus que le français, l'anglais, l'italien, l'espagnol, le portugais, et l'arabe. Soit 6 langues sur les 9 que j'avais apprises. Il y a en effet peu de clients chinois (j'avoue ça parait étrange), grecs et allemands. Il n'y a pas plus de clients parlant l'arabe, mais ma voisine étant pakistanaise, je continue de pratiquer cette langue avec elle. Cela nous est bénéfique à toutes les deux. Elle se prénomme Zara et j'envie souvent sa beauté. Elle est magnifique et d'ailleurs, elle plait à beaucoup de garçons.  

     

    Après ma pause, je retourne à la réception. Je dois finir mon service à 17h. Plus que deux heures à tenir ça devrait aller. Après mon service, j'ai rendez-vous dans les bureaux du patron pour signer les papiers pour mon changement de poste de deux mois et demi. Le milieu d'après-midi est toujours une période calme. Ça tombe bien, je dois boucler les plannings des deux équipes de réceptionnistes jusqu'au 31 octobre. Le patron veut que je le fasse avant ma période de repos qui commence dans deux semaines. En deux heures, j'ai le temps d'avancer, bien que la tâche soit un peu fastidieuse. Au total, j'ai remis deux clés à deux clients peu aimables. 17h00 s'affiche sur l'écran d'ordinateur au moment où deux collègues arrivent pour me remplacer. C'est aussi à ce moment-là que les clients choisissent d'arriver, tous en même temps, mais aussi le moment où le téléphone se met à sonner. Étant trop gentille, comme toujours, j'aide mes collègues en prenant trois appels téléphoniques, dont un que je transfère à mon patron, car visiblement ça concerne le séjour de nos chers VIP ! Il est 17h20 lorsque je frappe à la porte du bureau de M. Venezia.  

    - Entrez Mademoiselle Scott, me dit-il, je viens justement de recevoir un appel concernant nos prochains clients VIP, poursuit-il en me faisant signe de m'asseoir. 

    - Je sais, c'est moi qui est pris l'appel à la réception et vous l'ai transféré, répond-je à mon patron. 

    - Vous n'aviez pas encore été remplacée à cette heure-là, demande-t-il inquiet. 

    - Si, bien sûr, mais je n'ai eu que deux personnes en deux heures et il y a eu 15 personnes à arriver à 17h03 alors j'ai aidé mes collègues en prenant les appels téléphoniques le temps qu'elles gèrent l'afflux de clients. 

    - Je vous reconnais bien là. ... allez, assez bavarder. Lisez ce contrat, m'ordonne-t-il en me tendant une double feuille. 

    Je la prends et la lit avec attention. Toutes les missions y sont décrites, la durée du contrat et la rémunération. Tout est à l'identique par rapport à ce qu'il m'a dit verbalement. Je lis tout, même les petites lignes. Bien que je lui fasse confiance, il reste mon patron. 

    - Vous avez fini de lire, m'interroge-t-il en me voyant relever la tête. 

    - Oui. 

    - Cela vous convient-il ? 

    - Tout est comme vous m'aviez annoncez, ça me convient. 

    Il me tend un stylo, que j'attrape avant d'apposer mon autographe, que dis-je ma signature ! C'est mon nouveau poste qui me monte déjà à la tête. Il me remet mon exemplaire.  

    - Bien, vous pouvez disposer. 

    - Merci monsieur, à demain. 

    - Ah, attendez, dit-il alors que j'ai la main sur la poignée de la porte,  

    - Oui ?  

    - Je dois envoyer un profil des employés qui vont s'occuper de nos VIP, je l'ai fait pour l'équipe de gardes du corps que j'ai prévue mais ils en demandent aussi un de vous. Je vous en parle avant car contrairement aux équipes de protection, cela n'est habituellement pas demandé pour votre poste et donc pas mentionné dans votre contrat. 

    - Envoyer-le, monsieur. 

    - Bien. A demain 15h Mademoiselle Scott. 

    - A demain. 

     

    En sortant de l'hôtel, par la porte principale pour une fois, je pense à tout ce qu'il m'arrive. C'est génial et pourtant, j'aurais quand même aimé que ça soit d'autres stars qu'eux. Je ne connais sur eux que ce qu'en disent les médias. Je sais parfaitement que dans tout ce que je lis y en a une bonne partie de faux mais bon, ça me donne quand même pas une impression positive d'eux. Il va falloir que je repère lequel s'appelle comment, ça m'évitera de faire des gaffes. En arrivant chez moi dix minutes plus tard, je croise Zara. Lorsqu'elle me voit sourire ainsi, elle me demande qu'elle bonne nouvelle j'ai reçu dans la journée. Je lui explique sans dévoiler le nom des stars en question, je n'en ai pas l'autorisation. Je lui avoue tout de même que je ne les apprécie guère. Elle me rappelle que je ne sais d'eux que ce que les média en disent et qu'ils peuvent être pires comme mieux en réalité. J'approuve. Tout cet échange se fait dans la langue maternelle de ma voisine, comme souvent. Après avoir dîné ensemble, elle rentre dans son appartement. Assise dans mon canapé, je me connecte sur skype pour une conversation avec mes parents, enfin avec ma maman car mon père doit encore être au travail, comme toujours. Nous conversons en anglais et en français. Je lui annonce la bonne nouvelle. Elle est très contente pour moi. En riant je lui dis que moi aussi je vais pouvoir lui raconter mes rencontres avec des stars désormais. Elle rit. C'est vrai que lorsque j'étais petite elle m'en racontait des histoires sur les mannequins qu'elle croisait à son travail. Puis elle m'annonce qu'elle aussi a décroché un nouveau contrat. Je m'en réjouis, car depuis quelques mois, elle avait dû mal à signer de nouveaux contrats. Elle me dit que ce contrant n'est pas un contrat de photos de mode mais un contrat de photos de stars pour leur nouvelle tournée. Elle est engagée pour faire les photos officielles. Elle ne sera pas tout le temps avec eux, mais elle les rejoindra plusieurs fois dans les divers pays qu'ils vont faire. Je suis trop contente pour elle. Elle semble vraiment heureuse de faire quelque chose de nouveau. Elle me dit que son travail commence à Londres au mois de septembre. Je lui annonce que je serais sans doute de retour dans la capitale anglaise à cette période vu que je ne vais pas avoir de repos de tout l'été. Toute joyeuse elle me dit qu'elle fera tout pour que je puisse l'accompagner au moins une fois. Peu de temps après nous coupons la conversation. Il est déjà tard et je dois bien dormir pour être en forme le lendemain vu que je travaille de 15h à 22h. 

     

     

     


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :